Sorti en juillet 1979, « Highway to hell » est l’album qui permettra à AC/DC de conquérir le monde avec son hard rock. Pourtant, il s’agit déjà là du sixième album du groupe australien, confiné jusqu’à « Highway to Hell » au marché océanien.

Les frères Young

Année 1978 : après d’innombrables changements en son sein depuis sa création au début des années 1970, la formation des frères Young (Angus et Malcolm) tend à se stabiliser, notamment avec l’arrivée dès 1974 du chanteur/parolier Bon Scott, aussi bruyant qu’excessif en tout : un rocker. C’est lui qui se charge des paroles de « Highway to Hell », sur une musique des frères Young et de Cliff Williams (bassiste du groupe). Si beaucoup (et notamment les détracteurs d’AC/DC) ont pensé, à sa sortie, que « Highway to Hell » était une provocation « sataniste », il n’en est rien. Certes, Bon Scott en appelle à Satan dans l’un des vers de la chanson : « Hey Satan, payed my dues » (« Hey Satan, j’ai payé mon dû »), mais ce « Satan » est moins une référence mystico-religieuse (comme chez Marilyn Manson par exemple) qu’une expression de bar australien ! D’autre part, la portée symbolique des paroles est proportionnelle à la richesse de ces dernières, c’est-à-dire plutôt faible. Bon Scott se contente presque de ne prononcer que le leitmotiv : « I’m on the highway to hell ». « Highway to Hell » est, sur le plan des paroles, une chanson punk ou protopunk, façon MC5 ou Ramones. Pas de « prise de tête », mais des mots simples et surtout faciles à chanter (et à hurler). Le titre n’est pas une chanson sur l’enfer, mais un hymne à la liberté ! Car dans l’esprit de Bon Scott, la « Highway to Hell » (l’autoroute vers l’enfer), n’est pas une référence au diable ou autre créature, mais à… une route – AC/DC n’a jamais été du genre à faire dans la métaphore, de toute façon ! Les Français ont eu leur hymne routier avec Charles Trénet et sa Nationale 7, les Australiens auront le leur avec « Highway to Hell ». Une route que Bon Scott connaît très bien puisqu’elle passe devant chez lui.

Highway to Hell ou Canning Way ?

La Highway to Hell désigne en effet pour « les locaux », la Canning Way. Longue de 17 kilomètres, cette route relie la banlieue nord de Perth (Australie) au petit port de Fremantle, là où Bon Scott réside à l’époque (et où il sera enterré en février 1980). Sur cette route se trouvait notamment le Raffles, un bar apprécié des rockers du coin et des ados (dont Bon Scott) en quête de musique brute (et brutale). La Canning Way était alors réputée pour être le terrain de jeu préféré des « fous » du volant et du guidon de l’ouest australien. L’alcool du Raffles aidant, beaucoup, dont des dizaines de bikers, trouvèrent la mort sur la Canning Way, notamment dans les années 70 : d’où le surnom que les gens lui donnèrent : « Highway To Hell », « l’autoroute vers l’enfer ». Pas de référence à Satan, donc, mais le témoignage d’une réalité très terre-à-terre et malheureuse, même si l’on comprend aussi dans les paroles de Bon Scott que ce malheur est le prix à payer pour espérer devenir un homme libre (façon Bon Scott évidemment, donc très « rock »). Nous ne sommes pas loin ici de la définition que Janis Joplin donnait de la liberté dans Me & Bobby McGee : « Freedom just another word for nothing have to lose » (les paroles de cette chanson sont toutefois l’œuvre de Kris Kristoffersen). Highway to Hell est paradoxalement plus un hymne à la liberté qu’une ode au « vivre vite, mourir jeune » de groupes comme Black Sabbath par exemple (leur chanson « Die Young », énorme tube, sort au même moment aux États-Unis).

Le testament de Bon Scott

Mais comme l’aurait voulu une prémonition trop bien orchestrée, Bon Scott meurt quelques mois seulement après la sortie de « Highway to Hell », en février 1980. Il sera en effet retrouvé mort à Londres, étouffé dans son propre vomi, enfermé dans une Renault 5, alors qu’il se trouvait dans la capitale anglaise pour travailler avec Bernie Bonvoisin sur l’adaptation en anglais du premier album de Trust. Bon Scott parti pour toujours sur la route de l’enfer, AC/DC recrutera un nouveau chanteur (Brian Johnson) et poursuivra son ascension à travers le monde, devenant la légende que l’on connaît aujourd’hui. Nombreux sont toutefois les fans du groupe qui distingue – et pas seulement de manière strictement chronologique – l’avant et l’après Bon Scott, l’avant et l’après-Highway to Hell.

Biographie AC/DC

AC/DC se forme en Australie en 1973 autour des frères Young, Malcolm et Angus. AC/DC a toujours défini sa musique comme du rock’n’roll, mais on les classe généralement dans la famille heavy metal et du hard rock.