En France, on n’a peut-être pas de pétrole, mais on a Jenifer. Pardon, en France, on n’a pas de pétrole, mais des génies de la musique et des paroles. Hommage en dix albums fondamentaux au made in France musical (c’est aussi pour vous monsieur Montebourg, pour votre com’).

Miossec – Baiser, 1997
Le dernier grand de la chanson française à texte, avec Bernard Lavilliers, c’est Miossec. Baiser est un grand disque, pas prétentieux (z’avez qu’à voir la fin du clip de La Fidélité), qui sent la bière, le tabac et la sueur. À la guitare l’excellent Olivier Mellano (qui accompagna également Dominique A). Miossec, même si désormais tu offres tes services à Nolwenn-La-Bretonne-Du-Dimanche, tu resteras toujours l’auteur de Baiser. « Mieux vaut toujours avoir un jour à rendre, qu’avoir un jour à ravaler ».

Nino Ferrer – Métronomie, 1971
Cet album s’ouvre par le titre Métronomie, un truc complètement fou, digne de Sweet Smoke (album Just A Poke) aux alentours de 6 min 20 s. Un titre instrumental, halluciné, mélange de rock, de jazz, de cris d’oiseaux, d’orgue Hammond, de guitares… Ferrer fait aussi bien, sinon mieux que nos vieux groupes de rock progressif, Triangle ou Ange. On peut aussi écouter sur cet album le mélodieux La Maison près de la fontaine.

Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson, 1971
Tout a été écrit ou presque sur le premier concept album de Gainsbourg (mais pas de la chanson française, car Ferré était déjà passé par là). Pour l’anecdote people, saviez-vous que Birkin est enceinte sur la photo de Tony Frank ? Voilà pourquoi elle tient sa peluche orang-outan pour masquer son ventre.

Boris Vian – Le Déserteur, 1954
Peu importe le format ou le support de ce que vous écouterez de Boris Vian, pourvu que les chansons du génial ingénieur, trompettiste, journaliste, écrivain, auteur, chansonnier, interprète, etc. ne vous soient plus inconnues. Parmi les pépites à connaître et à chanter : Je suis snob (à vos amis), Le Déserteur (à votre tonton retraité de l’Armée de terre), Je bois (à votre foie), Fais-moi mal Johnny (à votre épouse, conjointe ou maîtresse), Cinématographe (à vos gosses)…

Alain Bashung – L’Imprudence, 2002
Si L’Imprudence ne présente pas les chansons les plus abouties de Bashung (tel que Fantaisie Militaire par exemple), il demeure l’album le plus cohérent et le mieux produit de l’artiste. Jamais univers musical n’a été aussi audacieux dans le paysage français. La prosodie de Bashung est merveilleuse (Tel Otello, Tel Attila).

Maxime Le Forestier – Mon Frère, 1972
J’aime beaucoup les premiers albums. En voilà encore un. Celui de Le Forestier est un honnête album de folk à la française. On écoute les célébrissimes Mon frère ou San Francisco, mais aussi des merveilles mélodiques comme Éducation sentimentale ou Fontenay-aux-Roses.

Johnny Hallyday – La Génération perdue, 1966
Quand Johnny revient après sa tentative de suicide. Quand Johnny part enregistrer à Londres. Quand Johnny accueille en première partie Jimi Hendrix. Quand Johnny répond à Antoine en chantant Cheveux longs et idées courtes. Noir c’est noir !

Bertrand Burgalat – Bertrand Burgalat meets A.S Dragon, 2001
A.S Dragon était certainement le meilleur groupe de rock du moment, en 2001, lorsqu’ils accompagnaient Burgalat en tournée. Ils avaient le look (Burgalat aussi), le son (Burgalat aussi), la technique (Burgalat aussi) et l’attitude (Burgalat aussi, dans un autre genre).

Michel Polnareff – Michel Polnareff, 1966
Le premier LP de Michel Polnareff qui, sur la pochette ne porte pas encore ses fameux binocles de star, rassemble des titres publiés indépendamment au début de sa carrière. Et ce disque résonne déjà comme le Best of. Bien avant Le Bal des Laze ou Lettre à France, ce disque contient des merveilles comme Sous Quelle Étoile Suis Je Né ?, L’Amour Avec Toi, La Poupée Qui Fait Non ou le moins connu L’Oiseau de Nuit.

Jacques Brel – Olympia 64
D’accord, le grand Jacques était officiellement belge. M’enfin on peut dire que c’était le plus Français des Belges. Et puis l’Olympia, à ce qu’on sache, c’est bien à Paris !