Par Phil Patrick


J’ai toujours eu des rapports conflictuels avec Ben Harper. Je l’ai glorifié lors de la sortie de son premier album. J’ai littéralement adoré les suivants, mais j’ai détesté Ben Harper parce qu’il était trop aimé. J’ai parfaitement dégueulassé, à l’époque, l’album Diamonds on the inside. Et voilà maintenant que son dernier album, Give Till It’s Gone, passe inaperçu, je le trouve de nouveau formidable. Pas de bol, ma crédibilité (mais quelle crédibilité ?) en prend un coup.

I will not be broken est une perle, un truc rare, une chanson qui vaut un livre. Ben Harper y dit en mots simples qu’on peut mettre des années à soi-même exprimer. Et ça, putain, c’est irrésistible. Il a une force ce mec… Un putain de pouvoir, depuis tant d’années. Ben Harper ne s’épuise pas. S’ils avaient débuté au même moment leur carrière, Bob Dylan aurait été éclipsé par Ben Harper.

Il y a deux autres mecs qui sont au niveau de Ben Harper aujourd’hui : Matisyahu et Abd Al Malik. Chez ces trois-là, tu trouves du spirituel. Parce que quand le monde autour de toi est tout pourri, c’est quand même vital d’avoir autre chose à l’horizon qu’une baraque à frites pourrie et du béton sous le nez. Ben Harper nous pousse et nous permet de voir autre chose. Comme un peintre. Et puis c’est la classe de pouvoir parler de Dieu, de la spiritualité, sans endormir tout le monde.