« Die young » de Black Sabbath, comme l’album « Heaven and Hell » dont la chanson est extraite, paraît en janvier 1980.

Black Sabbath sans Ozzy Osbourne

Nouvelle décennie, nouvelle composition pour Black Sabbath. Ozzy Osbourne, le cofondateur et chanteur du groupe depuis 1968, est « remplacé » par Ronnie James Dio. « Heaven and Hell » est donc très attendu par les fans, les médias et… la maison de disques de Black Sabbath. D’autant que les deux précédents albums du groupe n’ont pas été de franches réussites commerciales et que l’enregistrement du dernier – « Never Say Die! » – a été catastrophique, entraînant notamment le renvoi d’Ozzy Osbourne (plus ou moins avec son consentement) à cause de ses problèmes de drogues et d’alcool qui le rendaient parfaitement incontrôlable, quand il ne dévastait pas complètement le studio. Tout le monde espère donc beaucoup de cet album « Heaven and Hell » qui pointe son nez en ce début d’année 1980, sur la pointe des pieds (ce qui n’est pas commun pour un album de heavy metal). Le temps de la splendeur du groupe (années 1970 – 1975) semble loin et l’arrivée d’un nouveau chanteur n’est pas fait pour rassurer, sauf le guitariste et âme artistique de Black Sabbath depuis 1968, Tony Iommi, qui a lui-même recruté Ronnie James Dio. Ce dernier n’est pas un inconnu. Il a notamment été le chanteur originel du groupe Rainbow, formé par l’ancien guitariste de Deep Purple, Ritchie Blackmore. Un pedigree qui semble toutefois, pour beaucoup en 1980, insuffisant pour espérer pouvoir faire oublier la voix et le style d’Ozzy Osbourne. Et pourtant, dès le premier mois de sa commercialisation, « Heaven and Hell » va se vendre à 1 million d’exemplaires aux États-Unis. La voix de Dio fait mouche et Black Sabbath a retrouvé sa simplicité et son efficacité de la période 1970 – 1975. « Die young » en est l’expression la plus saisissante.

Die Young ou Carpe Diem

C’est Dio lui-même qui s’est attelé à l’écriture des paroles sur un riff produit par Iommi. Et Dio n’a pas fait dans la grande littérature, mais avec la simplicité primitive et instinctive qu’exige le heavy metal. Tout ce qui avait fait la force de Black Sabbath auparavant, tout ce qui définissait le style heavy metal et tout ce qui avait manqué aux derniers albums période Ozzy Osbourne. Die young est, dans le texte, une autre façon de célébrer le proverbial carpe diem, le « vis ici et maintenant », le « demain ne compte pas », et surtout le « meurs jeune », que l’on avait déjà entendu écrit et chanté (mais avec d’autres mots) chez Elvis, Dylan, chez les Who… « Die young », c’est court, c’est simple, c’est efficace, et merde aux rockers trop précieux (merde, précisément, aux Elvis, Dylan, Who…) ! Et pour le coup, c’est cette formule célébrant la mort précoce qui a redonné vie à un groupe dont le futur dépendait du succès de cet album. Leur dernier opus avant « Heaven and Hell » avait été nommé « Never Say Die ! » et avait été un échec quasiment fatal pour Black Sabbath. Le groupe relance sa carrière comme peu de groupes de rock sont parvenus à le faire après plusieurs albums « ratés ». Iommo et sa bande retrouvent leur statut de « meilleur groupe de heavy metal au monde » et renforcent encore le mythe lors de la tournée live de « Heaven and Hell » de l’été 1970. C’est en effet sur scène, et précisément sur « Die Young », que Dio va populariser le fameux « signe des cornes » avec ses doigts, devenu depuis le signe de reconnaissance des rockers du monde entier. Un signe que Dio avait appris de sa grand-mère italienne, catholique pieuse qui l’utilisait pour protéger les siens de l’emprise du diable et de la sorcellerie…

Biographie de Black Sabbath

Black Sabbath est un groupe de rock anglais dont la formation remonte à 1969. Son fondateur charismatique, Ozzy Osbourne, n’a pourtant pas été le seul leader de Black Sabbath. De nombreux remaniements ont ponctué la carrière du groupe et dans cet exercice, seul Tony Lommi, le guitariste, a su préserver sa place. Considéré comme le groupe pionnier du genre metal, Black Sabbath a su évoluer, en même temps que sa musique, au gré des époques, s’essayant au rock ou au blues par exemple.