Il n’est pas ici question de Black Metal, la mouvance dark de la musique des agités qui se jettent les uns sur les autres en criant comme des porcs qu’on égorge. Nous nous intéressons ici aux plus éminents membres noirs des groupes de métal. Top 7 des chanteurs de metal noirs.

1 – Bad Brains
Parfois dans la vie d’un musicien noir en pleine crise identitaire dans le Maryland des années 70, il faut résoudre des équations existentielles : (les Sex Pistols et les Ramones, putain c’est génial, mais bordel, pourquoi y jouent aussi mal ?) x (jouer le plus vite possible pour dire ce qu’on pense aux riches) / (faut pas oublier de faire du reggae de temps en temps parce que Jah, c’est important) = Bad Brains, groupe de punk-reggae tendance hardcore fondé à la toute fin des années 70. Et le détail qui tue, c’est que dans cette scène composée à l’immense majorité de groupes blancs hostiles, les Bad Brains feront vite figure de leaders, à tel point que même les Beastie Boys les citent toujours comme une influence majeure. Peut-être l’un des groupes les plus chaotiques de tous les temps. Et c’est la seule occasion de voir un sosie presque parfait de Lee Scratch Perry chanter du punk. Mighty ! Ou comment bien commencer un top des chanteurs de metal noirs.




2 – Rage against The Machine
RaTM est-il le groupe d’un seul et unique (et premier, et éponyme, et génial) album ? Peut-être pas, finalement. Pourtant, on a longtemps cru que le brulot sorti en 1992 par le dreadeux Zack de la Rocha et ses acolytes étaient trop puissants pour avoir un successeur digne de ce nom. Et ce n’est pas le fadasse Evil Empire (sorti, quand même, 4 ans plus tard) qui fera mentir la critique. Après, ça s’est un peu arrangé, The battle of Los Angeles a montré un Rage plus en forme, revendicatif, contestataire, ce qui n’a pas empêché Zack de la Rocha de quitter un groupe selon lui « à court d’idées ». Toujours est-il que Rage against The Machine a tout compris tout de suite à la fusion entre le hip-hop et le métal. Dans ta face.



3 – Suffocation
Certes, il n’y a eu que deux membres noirs dans Suffocation. Mais quoi qu’on en dise, Terrance Hobbs (guitare) et Mike Smith (batterie) sont avec quelques autres, à l’origine du brutal death. Rien que pour ça, ils resteront à jamais dans la légende des chanteurs de metal noirs. Il n’y a qu’à regarder Mike Smith massacrer sa batterie dans le dvd bonus du fameux album collaboratif Roadrunner United pour comprendre à quel point ce type a posé les bases d’un style. Si ça, c’est pas du vrai blastbeat… Brutal !



4 – Suicidal Tendencies
Rocky George est un mec particulier. Une sorte de punk californien qui contrairement à la plupart des autres, sait vraiment bien se servir d’une guitare. Tellement bien qu’il fait ses premières armes avec Dave Lombardo et Jeff Hanneman de Slayer au tout début des années 80, dans Pap Smear. Puis Rocky rencontre Mike et Mike (Muir et Clark), et joue dans Suicidal Tendencies, où ça parle de skateboard, de liberté et de rébellion. Un jour, il se lasse, et part retrouver ses racines funk dans Fishbone, en prenant le temps de jouer un peu avec les Cromags. Ah, et Rocky George est noir, sinon. Et il n’est pas le seul à être passé dans les rangs du gang de Venice, puisqu’entre autres leur extraordinaire batteur actuel, Éric Moore, est issu des « Gospel Chops », un style de batterie très technique développé par les batteurs afro-américains qui jouent dans les églises.



5 – Living Colour
Parmi les chanteurs de metal noirs les plus illustres : Vernon Reid, sorte d’Eddie Van Halen black élevé au funk et à la soul, ne supporte pas le racisme. Alors il a envie d’en parler, mais pour ca, il choisit de shredder dans un groupe de hard rock. Et pour être sûr d’être entendu, il s’entoure d’autres musiciens blacks, comme lui, et hyper talentueux. Will Calhoun (batterie), Corey Glover (chant), et le bassiste Muzz Skillings (puis Doug Wimbish) se joignent à lui pour former Living Colour, groupe génial des années 90 qui vient de se reformer. Et quand il a cinq minutes, il collabore avec Carlos Santana ou Mick Jagger, pendant que Will Calhoun enregistre avec Wayne Shorter ou Jaco Pastorius. Pas des manches, les mecs.



6 – Fishbone
La version afro-américaine des Red Hot ? Les puristes ne sont pas d’accord. Pour les die-hards fans de fusion, Fishbone, c’est les Red Hot avec du talent et de l’intégrité. Meilleure ou pas, la bande de South Central (Los Angeles) menée par le fou furieux Angelo Moore fait groover la planète depuis presque trente ans. Et depuis la reformation avec la légende Rocky George (encore lui), ex-Suicidal Tendencies, Fishbone prouve qu’en live, il est l’un des groupes les plus efficaces du monde. Non parce qu’en fait, le jeu de scène du Dillinger Escape Plan n’est pas une invention. On peut même le faire avec un synthé qui tourne ou avec une trompette.



7 – Bodycount
Indétrônables. Ils sont tous blacks, ils viennent du « Neighborhood », arborent des looks hyper hostiles, et sont menés par une star du hip-hop, le mythique Ice-T. « Copkiller », c’est eux. « Born Dead », c’est eux aussi. Le moins qu’on puisse dire, c’est que jouer dans Bodycount, c’est dangereux. Un batteur qui meurt d’une leucémie (Beatmaster-V), un bassiste qui se fait assassiner dans une fusillade qui ne le concerne pas (Mooseman), et un guitariste qui décède d’un lymphome (D-Roc). Ils ont quand même eu le temps d’enregistrer quatre albums depuis 1990, et même de participer à la B.O d’Universal Soldier. Le vrai, le premier, avec Dolph Lundgren et JCVD.

Merci d’avoir lu ce top 7 des chanteurs de metal noirs. C’était sympa de vous avoir.