Par Phil Patrick

 

Chokebore, c’est tant pour moi. Alors quand Chokebore sort, après tant d’années, un nouvel album, Falls Best, que puis-je faire d’autre que m’épancher un peu dans ces lignes et à rêvasser d’un temps révolu et ressuscité, peut-être. Moi on me prend constamment pour un taré. Moi on me prend pour un fou. Je le vois bien. Et Chokebore – comme le rock en général, et d’autres fabuleux groupes encore – me dit qu’une place est possible. Même pour un débile de mon espèce. Chacun peut entendre ces choses-là. Chokebore, c’est un groupe pour sans-grade. C’est sur, on est loin des musiques super léchées et des productions parfaites. On est loin d’avoir dans l’oreille de grands musiciens. Chokebore étant sans doute l’un des rares groupes à être aussi bon tout en étant composé de piètres musiciens. Car ce n’est pas, en tout cas chez Chokebore, l’essentiel. L’important, ce sont les mots. J’ai toujours considéré Troy Von Balthazar comme un poète, comme Jim Morrison, un mec bien plus intéressé par les mots et les rimes que par la musique. Et les textes de TVB peuvent être considérés comme des poèmes à part entière. Même si les musiques qui les accompagnent les subliment.

Le nouvel album de Chokebore, c’est l’occasion d’y croire encore. Croire encore à l’éternelle adolescence en tant que période créatrice, comme temps où l’on ne risque rien, surtout pas de mourir trop vieux. Chokebore : je respire encore et je m’en vais. Il faut s’en aller, il faut fuir, il faut s’évader. Et moi je m’en vais, même le temps d’une chanson, vers 14 ou 17 ans, parce que c’était si bon d’y être, bordel. Alors je suis peut-être un vieux con, un nostalgique qui finalement ressemble à Aznavour et sa putain de Bohème, mais moi je ne crois pas avoir encore renoncé. Chokebore, c’est s’obliger à reconsidérer ce que nous sommes devenus. Nos rêves et nos guitares. Moi j’y crois encore quand je dis que j’aime Chokebore. Moi j’y crois encore.

>> Ecouter Fall Best de Chokebore