Accompagné de son back group The Mojos, Asaf Avidan a vendu en 2012 en France des milliers d’exemplaires du single Reckoning Song / One Day et personne n’y a prêté attention. Maintenant que le gars (Asaf Avidan) revient avec Different Pulses, album solo, ils sont tous à se jeter dessus, comme s’ils venaient de découvrir le vaccin contre le sida. Même Radio France est en train de s’y mettre. Enfin, doucement : les mecs ne prennent pas trop de risque, ils ont programmé Asaf Avidan sur Le Mouv’, ça devrait pas perturber les ventes de disques. Asaf Avidan, c’est donc l’artiste à surveiller en ce moment (vous allez voir qu’il va finir par passer sur le plateau de Denisot). Alors, ça vaut quoi ? Pas grand-chose… Si ! Asaf Avidan a au moins le mérite de prouver qu’Israël peut exporter à travers le monde autre chose que des armes et des joueurs de football (excellents au demeurant). Sinon, pour le reste… Ouais, Asaf Avidan est un artiste de son époque comme on dit, qui « colle » même à son époque. Et notre époque est celle de l’ennui et de la dépression. Au moins en Occident (en Afrique, y a les guerres, ça fait de l’animation, les gens aiment ça : la preuve, y a plus de militaires français en Afrique qu’en France). Oui, Asaf Avidan, c’est de l’ennui. Y en a qui le comparent à Jeff Buckley, en oubliant que ce dernier était un insupportable castra et un alcoolique assez con pour mourir noyé dans 1 mètre d’eau (même Amy Winehouse est morte plus dignement). Ok, allez, va pour dire que Asaf Avidan est le Jeff Buckley d’Israël. Jenifer est bien la Britney Spears française. Different Pulses devrait être plébiscité par le petit milieu musical parisien, notamment grâce aux textes : « oh je vais pas bien, je me sens merdique, tout est noir et moi avec… », ce genre de pornographie larmoyante. La voix du type est insupportable, mais paradoxalement, moins que son accent américain à la one again. Les mélodies sont coconnes, mais Asaf Avidan a trouvé le truc : il fait remixer tous ses titres façon électro-dance-allemande, les basses dégueu’ des synthés cachant la misère comme le fond de teint cache les boutons. Alors oui, ça fera danser de la putain ukrainienne à Ibiza, et peut-être même de la touriste française si celle-ci trouve un valium à avaler, mais les gens dotés d’un minimum d’oreille sauront s’écarter du chemin tracé. (Francis)