Le collectif Indochine sort un nouvel album, Black City Parade. Du coup, Sirkis et ses employés, on les voit partout : presse, web, radio et surtout télé. Les mecs sont tellement contents de présenter ça comme du rock… C’est dire le manque de culture (et de curiosité) des producteurs télé et autres programmateurs. Alors oui, Indochine, c’est pas de la guinguette, mais de là à parler de rock… Remarquez, les mecs pensent aussi que Skip The Use, c’est du rock (alors que c’est de la disco-pop), comme Shaka Ponk (alors que c’est de la vraie bonne grosse merde). Donc, Indochine sort son 134ème album. Ils vont jamais nous lâcher. Si le rock en France doit retrouver les ondes et les écrans, il va bien falloir que les vieux laissent la place et qu’ils arrêtent d’usurper le mot. Va falloir tout dégager même. Parce que Black City Parade, c’est pas du rock, c’est même le énième album de trop d’Indochine. Sirkis en a écrit quasiment toutes les paroles, et le gars, a 53 ans, nous parle encore de sa première fois, des cours de lycée, de l’impossible bonheur d’être adolescent, de la possibilité de cacher ses boutons derrière une mèche longue : « je sais ce que tu vis-i-i », « moi aussi j’ai peur dans la nuit-i-i »… Merde Niko, tu crois pas qu’il est temps d’arrêter de jouer les Peter Pan ? N’est pas Michael Jackson qui veut. Et d’ailleurs, on a vu où ça a mené ce dernier…

Alors Black City Parade, ce sont les lourds gémissements d’un sénior, avec des musiques d’un ennui abyssal, des mélodies bricolées sur une tablette et que seuls pourront apprécier les analphabètes qui composent la presse musicale actuelle, les fans d’aujourd’hui et autres idéologues nostalgiques des belles années Indochine. Je dis que tous ceux-là, par bêtise, ignorance ou amour malsain, se font baiser depuis Paradize (2002), album grotesque dont le seul intérêt fut la seule chanson non-écrite par Sirkis, J’ai demandé à la lune, écrite et composée par l’icône glamour du groupe Mickey 3D, Mickaël Furnon (et non furoncle, même si ce qui en sort est à peu près de la même qualité). Ce n’est définitivement pas sérieux de trouver un intérêt quelconque à cet album, dont les textes seront autant d’accroches pertinentes pour tout cyber-pédophile : « je sais ce que tu vis-i-i », « moi aussi j’ai peur dans la nuit-i-i », « viens toucher mon zizi-i-i »… Personnellement, ça me ferait flipper, si j’étais adolescent, qu’un mec de 53 piges me parlent comme ça. Alors dehors les vieux libidineux déguisés en Casimir inoffensifs. Dehors les vieux synthés (enfin, les synthés tout court) et les arrangements électronisés. Qu’on nous donne du rock, de la guitare, de la violence, de la colère. Yeah ! (Francis)