Et j'ai même pas pris de cours de mime !

Qu’on ne me dise pas que je n’ai pas écouté L’amour et moi, le dernier album (si seulement) de Jenifer ! Car oui, je l’ai fait, I did it ! Et à la fin, je me suis senti comme ces gamins qui réussissent pour la première fois à traverser le bassin en entier. Exténué, mais soulagé. Puis vint très vite l’angoisse, de celle, vous savez, qui prend bien à la gorge façon deepthroat et qui vous serre l’estomac façon Catherine Lara serrant sa meuf. L’amour et moi est une succession de morceaux aussi cons les uns les autres. Si l’amour et Jenifer, c’est cet album, alors la pauvresse n’a plus qu’à adresser une lettre à Emile Louis pour envisager un jour de trouver le grand amour (remarquez, dans les bras d’Emile Louis, ça doit être quelque chose le grand amour). Les paroles sont aussi vides qu’une miche de vache après la traite et la musique – qui, du coup, n’en est pas vraiment – ressemble à celle des jingles de la SNCF, en moins rock peut-être. La bonne nouvelle, c’est que Jenifer a beau faire tous les efforts qu’elle peut pour entrer dans le cercle très fermé des starlettes parisiennes (la bande à Guillaume Canet en gros), elle n’y parvient toujours pas et demeure la miss de province qu’elle a toujours été. Ce qui n’exclut pas d’avoir un certain public : des gamines sous éduquées et aussi idiotes que leurs mères, des vrais handicapés mentaux (ceux chez qui ça ne se voit pas « physiquement ») ou les taulards de l’aile réservée aux pédophiles multi-récidivistes. Je commence à me demander si nous insurger contre la situation en Syrie est une priorité, au regard des armes lourdes comme L’amour et moi de Jenifer qui trainent devant nos portes et qui pavanent même dans nos salons. (Michel Prozac)

Un extrait de L’amour et moi, Sur le fil :