phil-patrickPhil Patrick est né en 1980, mais il se peut qu’il ait vécu avant. Adulé par les uns, détesté par tout le monde, Phil Patrick se définit lui-même comme « un esprit libre et un critique insoumis ».

Cette semaine, la talentueuse rédaction de Zicabloc vous propose un best of des chroniques 2013 de notre génial critique musical, Phil Patrick.

Étienne Daho, Les chansons de l’innocence retrouvée
Depuis le temps qu’Étienne « tiens le bien » Daho avait disparu, je pensais qu’à son retour, le garçon (enfin… le « transgenre ») aurait au moins eu la décence de revenir son cancer de la gorge soigné. En fait, que dalle. On comprend rien, on entend rien. Si, on comprend qu’il fait des efforts, on voit qu’il a copié les paroles dans le livret CD, mais bordel, tu feras jamais courir plus vite un cul-de-jatte qu’un obèse.

Vitaa feat Maître Gims, Game Over
Non ! Putain, non ! Ça ne se peut pas, cela ne peut pas ÊTRE, c’est forcément une blague. Ils n’ont pas pu faire ça, ils ne peuvent pas « y croire », ils ne peuvent pas être sérieux. Et pourtant… Vitaa et sa gueule de travelo alcoolique s’associent au baryton des cuisines Maître Gims pour un morceau d’une misère qui pousserait loin au large les bateaux d’immigrants s’il était diffusé du côté de Lampedusa. Évidemment, ce serait inhumain. On peut pas faire n’importe quoi. Mieux vaut attendre la prochaine (grosse) vague.

Gesaffelstein, Aleph
Aleph, c’est la première lettre de l’alphabet hébreu. Gesaffelstein ne s’est pas emmerdé à aller plus loin. C’est con parce que l’hébreu, c’est une belle langue. Dans le grand merdier qu’est la scène électro actuelle, Gesaffelstein incarne l’aile « dance métal », selon une formule chopée dans Libération. C’est dire si c’est hyyyper métal Gesaffelstein ! À part ce nom qui rappelle effectivement celui d’un haut fourneau de la Ruhr. Pour le reste, ça ressemble à un pogo de scouts, une musique de fond pour l’enterrement d’un(e) hipster de province, un pet foireux tout droit sorti de l’anus numérisé de la hype parisienne. Gesaffelstein, c’est toute l’électro qu’on déteste : snob, poisseuse, arrogante, sotte.

Grand Corps Malade, Funambule
Bon, déjà, un boiteux qui nomme son album Funambule, ça la fout mal. Et puis ça donne une idée du truc : non, quand tu marches avec une canne, tu vas pas faire le con sur un fil au-dessus du vide. Le nouvel album de Grand Corps Malade est donc une quête impossible vers… la musique et la chanson. Avec sa voix de tavernier polonais et ses rimes de supermarché, GCM semble chuter inexorablement vers la culture TF1 / SOS Racisme. Et ça, c’est pas bon.

Julien Doré, Love
Je me demande combien de bites Julien Doré a du sucer pour arriver à avoir une telle exposition médiatique avec un tel album. Les paroles relèvent plus du blog d’ado que de la littérature chansonnière et les musiques sont à mi-chemin entre la guinguette bobo et la mauvaise pop. C’est lourd, ennuyeux et convenu. À la baille !

Yodelice, Square eyes
Yodelice, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, c’est Maxim Nucci, le père du fils de Jenifer (quel cul !). Ça te donne une idée du niveau. C’est aussi le mec qui vient tout gâcher avec sa chanson à la con (Talk to me) dans Les petits mouchoirs, un film qui aurait pu être réussi sans cette présence artificielle. Maxou a plein de copains et de copines fantastiques, ce qui explique qu’on le voit à la télé. Comme Carlos (le chanteur, pas le prisonnier politique) à l’époque, avec Johnny, Sylvie Vartan… On attend maintenant que Yodelice se hisse au moins au niveau de Big Bisou. Y a encore du travail.

Florent Pagny, Vieillir avec toi
Non merci Florent. Et puis le tutoiement, aussi vite… C’est un peu cavalier, non ? Non Florent, le problème n’est pas dans le « vieillir », il est dans le « avec toi ». C’est pas que je t’aime pas ! J’ai un autre plan, c’est tout. Oui, je sais que Mimie Mathy n’est pas de la première fraicheur. Je pensais pas à elle non plus. T’es lourd Florent.