phil-patrickPhil Patrick est né en 1980, mais il se peut qu’il ait vécu avant. Adulé par les uns, détesté par tout le monde, Phil Patrick se définit lui-même comme « un esprit libre et un critique insoumis ».
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Cette semaine, 5 disques imposés à notre génial critique musical, Phil Patrick : Paul McCartney avec New, Vitaa feat Maître Gims avec Game Over, Dry avec Maintenant ou jamais, Moriarty avec Fugitives et Gesaffelstein avec Aleph.

Paul McCartney, New
New ressemble à une cérémonie du thé, en Angleterre, un truc au coin du feu avec des gâteaux secs et une vieille qui claque du dentier. Il est adorable ce bon vieux Paulo, mais force est de constater que sa créativité s’est tarie il y a quelques années maintenant. Après, il va encore gueuler qu’on ne lui demande que ses vieux tubes pendant ses concerts !

Vitaa feat Maître Gims, Game Over
Non ! Putain, non ! Ça ne se peut pas, cela ne peut pas ÊTRE, c’est forcément une blague. Ils n’ont pas pu faire ça, ils ne peuvent pas « y croire », ils ne peuvent pas être sérieux. Et pourtant… Vitaa et sa gueule de travelo alcoolique s’associent au baryton des cuisines Maître Gims pour un morceau d’une misère qui pousserait loin au large les bateaux d’immigrants s’il était diffusé du côté de Lampedusa. Évidemment, ce serait inhumain. On peut pas faire n’importe quoi. Mieux vaut attendre la prochaine (grosse) vague.

Dry, Maintenant ou jamais
Dry : voilà à quoi ressemble le rap français qui se vend aujourd’hui. Soit la jeunesse française est complètement conne (ce qui n’est pas à exclure), soit je suis un vieux con à regretter les Ministère AMER, NTM, IAM… Chez Dry, t’as rien, que dalle, nada : pas une bonne formule, pas un mot de plus de deux syllabes, pas une branche à laquelle te raccrocher. Non, t’es en chute libre, en plein dans le vide, à poil et sans espoir.

Moriarty, Fugitives
Hihaaa ! Moriarty est de retour avec son catalogue spécial soirées saloon. Sauf qu’avec Fugitives, t’es pas dans un bon Lucky Luke : tu te fais chier, mais alors, d’une force ! C’est long comme un voyage sans fin dans un autobus bondé de Slaves : un Paris-Fontainebleau dans ses conditions, c’est un « voyage sans fin ». Donc Moriarty, c’est la même impression de moiteur et d’infinie lenteur. Remarquez, ils ont réussi leur coup pour l’ambiance « diligence du Far West ». Sauf que celle-ci, bizarrement, personne veut la braquer.

Gesaffelstein, Aleph
Aleph, c’est la première lettre de l’alphabet hébreu. Gesaffelstein ne s’est pas emmerdé à aller plus loin. C’est con parce que l’hébreu, c’est une belle langue. Dans le grand merdier qu’est la scène électro actuelle, Gesaffelstein incarne l’aile « dance métal », selon une formule chopée dans Libération. C’est dire si c’est hyyyper métal Gesaffelstein ! À part ce nom qui rappelle effectivement celui d’un haut fourneau de la Ruhr. Pour le reste, ça ressemble à un pogo de scouts, une musique de fond pour l’enterrement d’un(e) hipster de province, un pet foireux tout droit sorti de l’anus numérisé de la hype parisienne. Gesaffelstein, c’est toute l’électro qu’on déteste : snob, poisseuse, arrogante, sotte.