Au banc des élèves de la critique musicale de la semaine : Renaud, Liane Foly, Christophe, Ben Harper et Fauve. Y a pas que du bon…

Toujours debout – Renaud
D’accord, ok, super, on est sur la même longueur d’ondes : que Renaud ait arrêté de picoler, c’est bien. C’est mieux. Qu’il en fasse un disque, en revanche, c’est pas sa meilleure idée. Au point qu’on est en droit de se poser la question de savoir si c’est bien lui qui est à l’origine de ce come-back. Il suffit d’écouter le disque ou de regarder le clip de la chanson « Toujours debout ». Quel spectacle de désolation : un petit vieux tremblotant, ravagé, à qui on a foutu des tiags et un cuir, comme une petite fille aurait habillé sa Barbie et l’aurait figée dans une position inconfortable. Renaud, le buveur, est mort. L’artiste aussi.
Note : 0/10

Crooneuse – Liane Foly
La question et le mystère sont : combien d’exemplaires Liane Foly espère vendre de son album « Crooneuse » ? Il est intellectuellement impossible de comprendre comment on peut en arriver là : enregistrer un disque de reprises sous influence jazz-dégueulasse (celui qu’on entend dans les ascenseurs de beaufs) et avoir la prétention de le présenter au public. Cacher un compte offshore est moins grave.
Note : 0/10

Call it what it is – Ben Harper and the Innocent Criminals
Près de dix ans après « Lifeline » (2007), Ben Harper retrouve les Innocent Criminals pour « Call it what it is ». Et c’est merveilleux. Propre. Rock et folk. Ben Harper continue de construire son oeuvre avec la même régularité. De projet en projet, le gars ne faiblit pas. Et on appelle ça comme ce que c’est : du génie.
Note : 10/10

150 900 – Fauve
Les scouts les plus célèbres de France ont terminé leur camp d’été et sont revenus avec un album live. Autant planqués dans leur studio avec les moyens techniques d’atténuer leurs lacunes, ils s’en sortent pas trop, trop mal, autant en live, boom : c’est le gros flop. Ouais, à l’écrit, on peut toujours cacher la misère. A l’oral, c’est une autre histoire. Le prof, en face à face, il va le voir que t’as pas tout pigé à la Seconde Guerre mondiale (« quoi ? C’est l’Allemagne qui nous a attaqués ?! »). Avec Fauve et leur « 150 900 » (ça ressemble au titre original de la série favorite des boutonneux nés dans les années 80), c’est pareil.
Note : 2/10

Les vestiges du chaos – Christophe
Le seul défaut que l’on peut trouver à Christophe, c’est d’être aimé par tout un paquet de mongoliens issus de l’actuelle scène française médiatico-musicale comme la Christine & The Queens. Sinon, Christophe, ce n’est que de l’élégance, une voix plus rare en France qu’une goutte d’eau dans le désert marocain. « Les vestiges du chaos » est déjà le meilleur album de l’année 2016. En espérant que les connards sus-mentionnés n’y touchent pas. Merci pour lui.
Note : 10/10