Ziggy-Stardust-02
Vince Taylor

Vince Taylor

Ziggy Stardust, c’est plus qu’une chanson extraite de l’album The rise and fall of Ziggy Stardust and The Spiders from Mars, sorti en juin 1972 en Angleterre. Ziggy Stardust, c’est un personnage sorti de l’esprit inspiré de David Bowie et qui deviendra une superstar puis une légende éternelle, même si sa « vie » n’aura duré qu’à peine plus d’une année (Bowie « tue » Ziggy lors d’un concert donné au Hammersmith Odeon de Londres le 3 juillet 1973).

Cela ne nous dit pas qui est ce Ziggy Stardust ou plutôt de qui David Bowie s’est inspiré pour le façonner. Les commentateurs de l’époque y ont vu quelques similitudes avec Iggy Pop (on remarquera évidemment la ressemblance sonore entre Iggy et Ziggy) ou encore John Lennon. « Pas vraiment », répond David Bowie qui avouera avoir surtout pensé à l’idole de sa jeunesse, le rocker anglais Vince Taylor, sorte de bad boy du rock, qui finira sa vie seul et ruiné au début des années 90. Autre certitude concernant l’identité de Ziggy Stardust, dans la chanson du même nom, David Bowie parle d’un garçon « capable de jouer comme un dieu de la main gauche ». On pensera évidemment ici à Jimi Hendrix que Bowie a côtoyé à Londres au cours des années 1966-1968 (mais la « sauce » ne prendra jamais vraiment entre les deux).

Ziggy Stardust, l’œil au front.

Ziggy Stardust, l’œil au front.

On le comprend, Ziggy Stardust est « plusieurs ». Il est le fruit de toutes les inspirations du moment de David Bowie, mais il est surtout sa création propre, sans que l’on sache vraiment d’où tout cela provient. Car ni Vince Taylor, ni Jimi Hendrix ne se maquillent comme Ziggy le fait. De la même manière, ni Iggy Pop, ni John Lennon ou on ne sait qui d’autre, ne portent les tenues pour le moins excentriques de Ziggy Stardust, entre drag queen et dandy déjanté. Quant au prénom Ziggy en lui-même, il faut sans doute aller chercher ailleurs que dans la ressemblance avec « Iggy ». Ziggy est en réalité le diminutif du prénom allemand Siegmund : David Bowie passe alors beaucoup de temps à Berlin, ce qui peut expliquer une part du mystère entourant ce prénom bizarre. On sait aussi que Bowie est, à l’époque, un lecteur assidu de Sigmund Freud, le père de la psychanalyse (n’est-il d’ailleurs pas question de surmoi lorsque l’on parle du duo David Bowie / Ziggy Stardust ?). Et puis David Bowie a donné un destin à son personnage, un destin hors norme et qu’aucun humain « normal » – qu’il s’appelle Jimi Hendrix ou John Lennon – ne peut accomplir. Ziggy a ainsi pour mission d’annoncer à l’humanité l’imminence d’une invasion extra-terrestre. Il prévient : il reste au monde 5 ans (d’où le titre d’ouverture de l’album, Five Years) pour changer la donne.

Avec Ziggy, David Bowie invente (ou du moins popularise) le style glam rock, un style qui relève plus, en 1972, du délire vestimentaire que du manifeste musical. Kiss et d’autres s’en inspireront plus tard, en y ajoutant cette fois une « vraie » dimension musicale.