Par Audrey Plumard


A-t-on le droit de critiquer un artiste comme Dominique A et son dernier album en date, le sulfureux Vers les lueurs ? Réponse : oui, mais il faut s’attendre à se faire découper la rondelle par tout ce que le bonhomme compte comme fans. À savoir les bobos des quartiers bobos de Paris, les bobos des médias bobos de Paris et enfin les bobos qui sont les enfants des babas. Bref, pas évident de dire que ce dernier opus, comme toute l’œuvre de Dominique A, est d’un ennui à trouver le débat politique français passionnant. Je dis que Dominique A est un mafieux. Ils sont tous là à le remercier d’avoir « ouvert une brèche dans la vieille chanson française », de Miossec à Vincent Delerm en passant par Noir Désir. Oui, Noir Désir ! Alors je suis pas une fan absolue de Jacques Brel et Georges Brassens, mais je préfère encore les écouter, eux et leur vieille France, plutôt que cette taupe de Dominique A dont les textes sont encore moins percutants que certains passages de Mein Kampf, les mélodies moins puissantes qu’un jingle pour les supermarchés Atac, la prestance moins solide que celle d’un tétraplégique sur le plateau du Téléthon. Dominique A, comme Arnaque.