Every Man Has Your Voice (France, 2013)

C’en est presque gênant et jouissif, mais l’album d’Every Man Has Your Voice (déjà le nom du groupe est au-dessus) ne contient que des bonnes pistes. Je l’ai retourné, dépecé, matraqué : rien à faire. Pas vu ça depuis No need to argue des Cranberries (1994). La chance d’EMHYV, c’est de ne pas être (encore ?) un groupe internationalement connu. L’appréhension de sa musique n’est pas (encore ?) polluée par les frasques, des engagements, des convictions de l’un ou l’autre de ses membres, toutes ces choses qui détournent les oreilles de sorte qu’on ne juge plus le(s) musicien(s), mais les hommes.
Les gars et la fille d’EMHYV ont très bien digéré la pop londonienne, celle de la nuance et du charme sombre. EMHYV utilise ses instruments de manière juste et équilibrée (même les synthés, oui, même eux). Les harmonies vocales sont humbles et délicieuses. La production tape dans le mille. Demain, j’ai un groupe de rock, je fonce chez le producteur de l’album d’EMHYV. Il saura quoi faire de moi, même si je lui apporte de la country. Et s’il veut en faire le mixage, je dis oui aussi.
C’est très intelligemment chanté et interprété, ce qui mérite d’être relevé parce que ça n’est pas chose commune chez les chanteurs français s’exprimant au micro en anglais. Le chanteur d’EMHYV, c’est la meilleure voix du rock indépendant français. Ouais, rien que ça, et on ne me prouvera pas le contraire. EMHYV, c’est presque de l’ordre des mathématiques, tant ça tend à la perfection. (Phil Patrick)

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