« Ma chérie tu préfères jouer de la flûte traversière ou du piano ? » « Je veux jouer de la basse et dans un groupe de rock qui fait beaucoup de bruit ». Voilà à peu de choses près le dialogue qui a dû se tramer entre les cinq bassistes ci-dessous et leur maman. Top 5 des filles qui jouent de la basse, mais pas juste pour le style.



1 – Sean Yseult / White Zombie
Avec l’ombre que génère le génie pluridisciplinaire qu’est Rob Zombie, il est parfois difficile de se souvenir des musiciens qui l’ont accompagné durant sa carrière longue, déjà, de 25 ans et des bananes. Pourtant il y a eu du beau monde, de John Tempesta à John 5, et bien sûr, une jolie bassiste aux cheveux bouclés et blonds (ou verts), Sean Yseult. Et attention, elle, elle a fait le voyage « White Zombie » sur toute la longueur, de 1985 et les débuts miteux du groupe, jusqu’à la dissolution en pleine gloire de 1998. Treize ans de bons et loyaux services à la basse, et pas plantée sur scène à se dandiner comme la dernière des morues. Elle jouait de vraies lignes, ça tournait la tête, ça haranguait la foule, bref, une vraie bassiste, avec un vrai rôle. Ce qui était vachement bien avec Sean, au-delà de son physique sympa à regarder et de sa chevelure immédiatement identifiable (White Zombie était presque autant « le groupe de Rob Zombie » que « le groupe avec une bassiste aux cheveux verts – ou blonds »), c’est que sa dégaine collait parfaitement à l’univers du leader, qui concevait tout ce que faisait son groupe comme une gigantesque oeuvre globale, bercée par les films d’horreur des années 30. Belle, bizarre et stylée, l’une des figures féminines les plus marquantes du métal.



2 – Kim Gordon / Sonic Youth
Déconstruire la pop en la massacrant avec un ouragan de dissonances inspirées, tel était le beau projet de Thurston Moore, punk inventif qui désirait s’affranchir des carcans musicaux imposés par le rock et la new-wave, et de Kim Gordon, jusqu’alors musicienne balbutiante errant dans quelques groupes de l’état de New York. Quand ces deux-là vont s’associer au début des années 80 (puis se marier), ils vont changer la face de la musique alternative, en créant un « freak » sonore qui n’attendait qu’un terreau fertile pour éclore, Sonic Youth. Les deux tourtereaux vont mettre du temps avant de percer le plafond et de devenir les deux icônes absolues qu’ils sont aujourd’hui, les deux mentors que tous les acteurs de la scène rock alternative, des plus softs aux plus dérangés, se doivent de citer comme influence pour paraître crédible. Presque dix ans, en fait, et la sortie de Nevermind de Nirvana, avec un Kurt Cobain qui disait à qui voulait bien l’entendre que ce qu’il composait s’inspirait en partie de l’énergie véhiculée par le groupe de Thurston et Kim. On parle quand même de gens qui ont travaillé avec Neil Young, Chuck D de Public Enemy ou Ian MacKaye de Fugazi, et qui ont chaperonné toute la scène grunge du début des 90’s. Kim et Thurston ont divorcé en 2011, mais si Sonic Youth est entre parenthèses, le groupe n’est pas déclaré mort. En tous cas, Kim n’est pas devenue bassiste en cédant à un phénomène de mode. La mode, c’est elle.



3 – Jo Bench / Bolt Thrower
Un groupe de death métal avec une fille à la basse, déjà, c’est un fait presque unique en son genre. Mais que ce groupe, ce soit Bolt Thrower, une bande de vétérans britanniques pulvériseurs de crânes qui ne jurent que par l’univers des jeux de rôles futuristes et hyper-bourrins dérivés de Warhammer 40 000, ça, c’est dingue. Et Jo Bench n’est ni grosse, ni moche ! Par contre elle a une présence de dingue, et un son de taré, énorme, qui fera école dans le style. Elle n’était pas là au tout début de l’existence du « Lanceur de boulet », puisqu’à l’époque, c’était Gavin Ward qui s’occupait de jouer de la basse, avant de se consacrer exclusivement à la guitare juste avant d’enregistrer le premier album officiel du groupe, In Battle There Is No Law (1988). Du coup, c’est Jo qui s’est occupée des parties de basse de tous les albums du groupe. Ward et Bench auront d’ailleurs une très longue relation, dont la fin n’a absolument pas mis en péril la pérennité de Bolt Thrower, puisque le groupe a même organisé un festival (le Boltfest, ou festival du boulet), pour célébrer son 25e anniversaire d’existence, et pour récolter des fonds qui serviront à lutter contre le cancer chez les adolescents. Bourrins, très, mais ni sexistes, ni dépourvus de sens moral.



4 – Rayna Foss/Nadja Peulen / Coal Chamber
L’une est piquante, blondinette et un peu gamine, mais sacrément mignonne quand elle veut, l’autre est un peu plus incendiaire, mais tout aussi efficace sur le plan hormonal. Rayna la blonde et Nadja la rousse ont toutes les deux joué de la basse dans Coal Chamber, aux côtés de Dez Fafara, l’actuel leader de Devil Driver. Rayna Foss était là depuis les débuts du groupe, et a donc eu le privilège de connaître l’ascension fulgurante de Coal Chamber en pleine vague Néo-Métal, dans le sillage de Korn et Limp Bizkit, pas très loin derrière. On est à la fin des 90’s, et Coal Chamber joue alors sur les plus grandes scènes du monde, partage l’affiche de la Ozzfest avec les groupes les plus en vue du moment, et Rayna, la petite bassiste qui saute de partout, n’a rien à envier à ses collègues, surtout pas au guitariste Miguel Rascón. Mais après avoir convolé avec Morgan Rose, le batteur de Sevendust, Rayna a voulu faire un bébé, et Nadja est arrivée pour suppléer la jeune maman, qui préfèrera rester à la maison pour s’occuper de sa fille. Mais Coal Chamber n’ira pas beaucoup plus loin, Rascón et Fafara n’arrivant plus à s’entendre. Ils se réuniront pour quelques dates en 2012, avec à la basse Chela Rhea Harper, une jolie brune.



5 – Corine Marienneau / Téléphone
Qu’on aime ou pas, Téléphone restera pour très longtemps le plus grand groupe de rock français, avec 6 millions d’albums au compteur en même pas dix ans d’existence. Et à la basse, une brune assez petite, souriante et pas désagréable à regarder, Corine Marienneau, qui sera là du début à la fin. Pourquoi elle ? Parce qu’elle sait jouer de la basse, déjà, mais aussi parce que c’est la copine de Louis Bertignac, qui devra convaincre Jean-Louis Aubert que c’est pas parce que c’est une fille qu’elle foutra le bordel (Aubert voulait à tout prix éviter de recruter une nana dans le groupe). Bonne décision, donc, puisqu’avec elle, Téléphone avait, en plus du talent de ses musiciens et d’un sens inné de la bonne chanson dans l’air du temps, une sorte de mascotte, un truc en plus que les autres groupes n’avaient pas. Corine ira jusqu’au bout de l’aventure, et une fois l’équipe dissoute, elle continuera d’épauler Louis Bertignac pendant un petit moment, dans son nouveau groupe, les Visiteurs (trois albums entre 1987 et 1990). Elle fera par la suite quelques apparitions sporadiques, dans le monde de la musique, mais pas uniquement, puisqu’elle pointera le bout de son nez au cinéma (dans le premier film de Kad Mérad, Monsieur Papa, aux côtés de Michèle Laroque).