Par Phil Patrick


Les Foster The People ont l’air sympa. Vraiment. Coiffés comme les Jonas Brothers et fagotés comme Justin Bieber, mais sympas. On est venu me dire : « Phil, Phil, Phil, tu dois donner ton avis sur Foster The People, ils sont n°1 partout ». J’ai d’abord dit à mon interlocuteur que ce critère n’était évidemment pas le bon critère pour me convaincre de parler d’un artiste. Et puis je me suis dit qu’il serait bien que je me sorte un peu de Chokebore dans lequel je me suis jeté depuis plus d’un mois maintenant. Alors j’ai écouté Foster The People. Et je dirais en préambule que l’incroyable succès commercial de leur titre Pumped Up Kicks n’est pas volé. C’est mérité. Il est cool ce morceau, il est bien foutu et ouais, on s’en souvient. Ca roule tout seul et le propos a du sens. Seulement pour le reste… Foster The People, c’est faible.

Foster The People, ça n’apporte rien de nouveau et c’est quand même emmerdant. Alors oui, tous les artistes se fondent sur ce qui a été fait avant eux. Évidemment. Mais les Beatles ont apporté quelque chose en plus d’Elvis (ou différent). Et Pink Floyd a apporté quelque chose de plus (ou différent) que les Beatles. Et Oasis a apporté quelque chose ne plus (ou différent) par rapport à Pink Floyd. Et ainsi de suite et pour beaucoup, beaucoup de groupes. Heureusement. Mais désolé, Foster The People, c’est propre, c’est presque écoutable, mais ça n’apporte rien de nouveau. Foster The People, ça a un peu des Strokes (une rythmique très 70’), quelque chose des Arctic Monkeys (l’orchestration) et quelques ressemblances avec Vampire Weekend (leur musicalité). Mais ça n’a pas le côté novateur qu’ont eu ces groupes sur leurs premiers albums respectifs (ce qui ne signifie pas que le reste de leur production artistique est à chier). Foster The People, ce n’est donc pas une nouvelle branche du rock’n’roll, à peine, même, une nouvelle pousse sur une des branches de l’arbre. On attendra leur prochain album pour pousser le diagnostic, mais Foster The People est sur le fil. Ce sera peut-être à chier, ce sera peut-être génial. Ou dans le ventre mou, comme c’est le cas avec ce premier album. Pas d’affolement.