Le dernier single des Enfoirés a entrainé une vive polémique et pour la première fois depuis sa création, la troupe des Enfoirés a vu son image sérieusement écornée. Pour redorer leur blason, JJ Goldman et ses potes ont décidé de repartir à la conquête de l’opinion publique française en organisant une tournée spéciale : « La France en sept jours ». Zicabloc a suivi de l’intérieur cette vaste opération de communication. Récit.

Après le désastre de la représentation de Chalon-Sur-Saône (lire l’épisode 1), Patrick Bruel a décidé de réunir la troupe pour lui annoncer qu’il s’autoproclamait nouveau patron des Enfoirés, relayant Goldman au simple, mais honorable, rang de chauffeur dépressif et alcoolique. Aubert s’est marré en entonnant Je te donne, repris par le reste de la troupe. Première mesure prise par Patrick Bruel : Zaz et Mimie Mathy voyageront désormais sur le toit du bus, pour des raisons évidentes d’hygiène concernant la première, par précaution superstitieuse pour l’autre (Patrick Bruel pense que le malheur vient des nains, habitants maléfiques des forêts impénétrables du Poitou). Emmanuel Moire et Matt Pokora ont officialisé auprès de tous leur coup de foudre de la veille. Peinée par l’état de Maunier, qui a souffert la veille des coups de Lââm, Jenifer l’autorise à s’assoir à côté d’elle et lui dévoile même un téton. Bénabar a refusé de saluer les autres membres de la troupe, prétextant une écorchure à l’index.
L’arrivée à Beaucaire, mairie Front National, s’est faite dans le fracas, Goldman s’étant endormi au volant. Le perron de l’hôtel de ville s’en souviendra. Conscient que l’électorat frontiste représente désormais 80% des campagnes françaises, Bruel a demandé aux autres de ne surtout pas parler politique et d’acquiescer à la moindre réflexion raciste. Pierre Palmade a répondu que ça ne le dérangeait pas. Les répétitions du spectacle ont été marquées par le refus de Zaz de reprendre les Corons : « Non, je ne chanterai JAMAIS du Michel Sardou », a-t-elle argumenté, ce à quoi Patrick Bruel a répondu : « Tu n’as qu’à chanter La maladie d’amour de Serge Lama, d’accord ? ». Zaz a accepté.
Bruel est entré le premier sur scène et, visiblement pris d’un excès de zèle, a salué la foule d’un franc salut nazi. Le geste a immédiatement déclenché les grondements des spectateurs, certains accédant même à la scène et molestant Bruel qui, escorté par Bénabar et Michèle Laroque, fut raccompagné en coulisses. Pris d’une colère jaillissante, le public s’est attaqué au matériel de la troupe et aux sièges de la salle. Bientôt ce ne fut plus qu’un champ de guerre, nécessitant l’intervention d’une compagnie de CRS. Les Enfoirés apprirent quelques heures plus tard que le public était composé exclusivement d’associations de petits-enfants de déportés. La mairie FN ayant décidé, comme les Enfoirés, d’une vaste opération de repositionnement d’image. Le bus de la troupe fut escorté par les forces de l’ordre jusqu’à la première entrée sur l’autoroute A7. Demain, ils seront à Montpellier.
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>> Lire l’épisode 1