Rendez-vous a été pris sous un pont de la périphérie parisienne. L’homme est méfiant. Paranoïaque. L’auteur du « Petit dictionnaire des chansons rock » aurait-il pris la grosse tête depuis que les ventes de son ouvrage ont atteint la barre symbolique des 100 exemplaires la semaine dernière ? Rencontre avec François Grimpret.

Bonjour François, comment ça va ?
Cette question est un piège.

Votre livre parle de quoi ?
La question pourrie… Je me suis attaché dans ce livre à retracer la genèse d’une cinquante de chansons rock, leur signification, leur place dans l’œuvre de l’artiste (ou du groupe), les contextes historique et culturel dans lesquels elles s’inscrivent. Sur la base des témoignages de leurs créateurs (auteurs, compositeurs, mais aussi arrangeurs, producteurs…).

Ça sent un peu le communiqué de presse votre réponse…
Votre question est dite dans un français très approximatif.

Vous m’avez très bien compris…
J’t’encule.

Si vous deviez ne retenir qu’une seule chanson parmi toutes celles que vous avez traitées ?
D’un point de vue « historique », je choisirais Johnny B. Goode de Chuck Berry, dont le riff est à l’origine de milliers d’autres chansons. D’un point de vue affectif, je dirais Smells like teen spirit de Nirvana. Enfin, d’un point de vue « insolite », je citerais Knockin’ on heaven’s door de Bob Dylan, qui n’est pas forcément celle que l’on croit.

C’est-à-dire ?
Il faut lire le livre !

Vous poussez à la consommation là ?
Ben t’es con ou quoi ? J’ai pas écrit ce bouquin pour mes copains.

Un vrai marchand de tapis…
Remarque antisémite, elle commence à prendre de la gueule votre interview.

Vous me menacez ?
Vous avez de la trésorerie en ce moment ?

Quoi ?
Pour payer les frais d’avocat.

Vous droguez-vous ?
Oui.

C’est parce que c’est rock ?
Non, parce que j’aime bien ça.

Quelle est pour vous la différence entre le rock et ses ancêtres, en particulier le rhythm’n’blues ?
Le rock n’est effectivement pas un mouvement « spontané », il est le fruit d’une longue gestation entre plusieurs styles musicaux. À mon sens, ce qui le distingue essentiellement de ses prédécesseurs, c’est l’utilisation de la guitare basse qui, de strictement rythmique avec le rhythm’n’blues, par exemple, est « devenue » mélodique avec le rock’n’roll, et encore plus avec le rock des années 1960.

Le plus grand groupe de rock de tous les temps ?
Si vous entendez par « le plus grand » celui qui a apporté « le plus », objectivement, ce sont les Beatles.

J’ai quand même l’impression que vous vous la jouez, non ?
Je crois pouvoir me le permettre.

Quel connard…
Pardon ?

Je disais : quel connard !
J’t’encule.

Déjà fait.
Ta gueule.

Pardon ?
Ferme ta grande gueule !

Nous nous sommes ensuite battus. François Grimpret m’a griffé, je l’ai giflé. Son bouquin est bon, mais lui c’est un con.