Par Laurent Routier


« Le folk est la musique de la dignité humaine ». C’est pas nous qu’on le dit, c’est Isabelle Boulay elle-même (sur son site officiel). Moi qui pensais que la dignité humaine, c’était le tampon hygiénique… Alors oui, le nouvel album d’Isabelle Boulay, Les grands espaces, est un album : je veux dire par là qu’il y a bien un disque, une pochette et même un petit livret. Bref, un truc sérieux. Un truc sur la dignité humaine, donc. Seulement j’ai quelques doutes, pardon, mais je ne suis ainsi pas très sur qu’à Gaza, qu’en Libye ou même dans le hall du Pôle Emploi de Longwy, l’album d’Isabelle Boulay soit d’un grand secours. Alors oui, Isabelle s’est associée à Benjamin Biolay (Boulay / Biolay, ça fait un peu Dupont et Dupond tout ça quand même) pour pondre Les grands espaces. Un gage de qualité au moins musicale (si, si). Seulement voilà, cela n’a pas suffi. Ben non, vous aurez beau faire jouer Messi en équipe de France, c’est pas pour ça qu’on va gagner la prochaine coupe du monde de football. On reconnaîtra tout de même à Isabelle Boulay le mérite d’avoir choisi un titre d’album en accord avec les impressions qu’il fait naître en nous à son écoute : l’irrésistible envie de partir ailleurs, loin, très loin, quelque part où la chanson québécoise ne nous fera plus jamais chier. À Gaza, en Libye ou à Longwy.