Par Phil Patrick

Je n’aime pas M et je ne comprends pas l’engouement que provoque le moindre de ses éternuements dits musicaux. Je me rappelle avoir demandé un jour à un ami (qui ne l’est plus mais cela n’a rien à voir avec sa dévotion pour M, même si cela a nécessairement du jouer dans notre brouille) pourquoi il aimait tant ce pitre plus agité que talentueux. Il me répondit : « j’aime son jeu de guitare électro-funk ». J’ai vomi – ainsi cela s’est passé, ainsi je raconte.

Bordel, quel funk ? Si gratter comme une taupe sur son manche (de guitare), c’est faire du funk, alors James Brown doit se repoudrer le nez dans son cercueil pour tenter d’oublier ce qui lui parvient encore de notre monde. M est tout juste le bon élève d’un conservatoire d’arrondissement. Son jeu manque cruellement d’indiscipline (preuve qu’il ne maîtrise pas parfaitement ses fondamentaux). Encore une fois, ce n’est pas parce qu’il s’agite ou joue avec sa langue que c’est un bon guitariste.

M m’ennuie, sa voix de castra est insupportable, ses innombrables mimiques sonores sont sans saveur et diaboliquement nauséabondes. Pour un homme qui chante l’amour et se déguise en soldat rose, c’est un comble que de provoquer autant de haine. Incapable de se remettre en question depuis son premier album, M croit sans doute s’améliorer en multipliant les effets à la con. Sur scène, M n’est rien d’autre qu’une grosse et baveuse drag-queen en représentation devant un public composé de profonds débiles mentaux et autres pucelles de trente piges qui se focalisent sans doute plus sur la symbolique phallique de la guitare de leur héros que sur le supposé talent de ce dernier. Le problème de M – enfin, l’un de ses problèmes majeurs – c’est qu’il ne parvient pas à sortir de l’enfance et s’enfonce dans ces caprices. Qu’il compose pour Vanessa Paradis est la preuve qu’il ne parvient pas à mûrir. Même Guy Carlier refuserait d’écrire pour Paradis.

Mathieu Chedid n’est rien d’autre que le pendant masculin de Mylène Farmer. Un mec qui se déguise autant – même les mecs de Kiss étaient plus sobres – ça s’appelle un travelo, pas un artiste, pas un chanteur, pas un musicien. M n’a pas sa place à Bercy mais chez Michou. Et qu’on ne me dise pas qu’il fait corps avec son public. Non, M leur raconte sa vie, avec toute la mégalomanie malsaine et le narcissisme sournois des petits mange-merde de Saint-Germain-Des-prés. Pour les fans du bonhomme, il n’est peut-être pas encore trop tard pour oublier les sévices que vous vous êtes infligés. La rédemption sera longue mais ça se tente. Fuyez M ! C’est une question de santé mentale.