Jimi Baston est un punk. Sa vie : la bande, le foot, la famille, le rock, les petits larcins, et au milieu de ce merdier : Marie. Jimi Baston, L’Opéra Punk Illustré, raconte l’histoire de cet amour impossible.

Programme :

Acte I : Fils de Dieu
01. J’ai passé la nuit avec elle
02. Je suis pas lâche (je suis un homme)
03. Comme un punk en automne
Acte II : Hâtons-nous, jouissons !
04. Ibra, aide-moi
05. Rock en stock
06. Ne me laisse pas
Acte III : Chevaux fous dans la nuit
07. Vauriens (La bande)
08. Marie je t’aime vraiment
09. Elle voulait un bébé
Acte IV : Double tête
10. Un flic dans la tête
11. Le parfum des cheveux de Marie
12. Rien à foutre
Acte V : Déous Makina
13. Je veux la revoir
14. Punk suicide

Acte I : Fils de Dieu

J’ai passé la nuit avec elle
Le décor : une station-service de route départementale
Le moment : la nuit
Le truc : Marie n’est pas punk. Elle sent bon le savon. Jimi et elle, à la base, ils n’ont rien en commun. Mais c’est sur : Marie et Jimi se sont aimés. Au moins trois jours et une nuit.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Je n’ai rien dans mon sac
Et pas plus dans mes poches
J’ai froid et la vie en vrac
Moi j’ai toujours raté le coche

Je suis plus fou que ce que je dis
Mais moins que ce qu’ils pensent
J’ai peur de l’eau je crois aux esprits
Et c’est vrai que j’aime le silence

Elle, elle a des étés le parfum
Elle est franche et elle est belle
Moi je suis un petit con un vaurien
Mais j’ai passé la nuit avec elle

Je suis pas lâche (je suis un homme)

Le décor : une cafétéria de centre commercial
Le moment : le jour
Le truc : la vérité, c’est que Jimi a refusé l’amour que lui offrait Marie. Une autre vie. Et Marie est partie. À ce stade de l’Opéra, on ne sait pas si Jimi le regrette et continue de se trouver des excuses.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Je t’ai aimé comme un fou
Je peux très bien le dire
Tu vas m’prendre pour un fou
J’ai jamais ressenti ce délire

Y a la famille et puis la bande
Tu sais ma vie c’est la glande
Et toi tu mérites mieux que ça
Je suis pas un mec pour toi

Je suis pas lâche
Je suis pas lâche
Je suis un homme
Ouais pas grand’ chose
En somme

J’aurais voulu t’aimer toute la vie
Mais tu sais j’suis toujours à la bourre
Je rêve d’avion mais je reste ici
Je prends une décision et je me goure

Je suis pas lâche
Je suis pas lâche
Je suis un homme
Ouais pas grand’ chose
En somme

Comme un punk en automne

Le décor : un jardin public
Le moment : le jour
Le truc : coup de blues pour Jimi qui ne fait plus le malin le temps de cette chanson. C’est de la tristesse.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Je suis la vieille gomme
Comme un punk en automne
Et je pleure des tonnes
Comme un punk en automne
J’entends la mort qui sonne
Comme un punk en automne
Et toujours je déconne
Comme un punk en automne
Waouh
Comme un punk en automne

Acte II : Hâtons-nous, jouissons !

Ibra, aide-moi

Le décor : un terrain de foot
Le moment : la nuit
Le truc : Jimi ne parvient pas à oublier Marie, malgré tous ses efforts. Alors il en appelle à l’une de ses idoles, Zlatan Ibrahimovic, dit « Ibra ».
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Putain j’ai tant de mal au cœur
Je me fais dessus j’ai peur
Je pense à elle toutes les heures
Comme l’alcoolo à sa liqueur
Comme un gosse à son quatre heures
Je suis en manque dealer
Passe la dose il est l’heure

Ibra Ibra Ibra
Ibra aide-moi
Ibra Ibra Ibra
Ibra aide-moi

Je ne mange plus ne bois plus
Ne souris plus ne baise plus
La bande je la vois plus
La vie est cette pute
Qui me soulève me culbute
Mais je revois tes buts
Et m’échappe quelques minutes

Ibra Ibra Ibra
Ibra aide-moi
Ibra Ibra Ibra
Ibra aide-moi

Les gosses jouent dehors
Moi je suis à moitié mort
Car j’y pense encore
Ils veulent te ressembler
Zlatan général imperator
Mes crampons sont restés plantés
J’ai perdu Marie j’ai tout cassé

Ibra Ibra Ibra
Ibra aide-moi
Ibra Ibra Ibra
Ibra aide-moi

Rock en stock

Le décor : un bar
Le moment : la nuit
Le truc : malgré son chagrin, Jimi dispose encore de quelques réserves pour tenter de rebondir.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Parfois la vie c’est dur
On prend des coups
On prend des murs
Et ça rend fou
Si toi aussi t’as mal à fond
Que tu trouves ça immonde
Tu sais avec une chanson
Tu peux refaire le monde
On a tous
Du rock en stock
Du rock en stock

T’as perdu le sourire
Depuis qu’elle est plus là
Ça t’empêche de dormir
Partout tu la vois
Tu veux partir t’enfuir
Je te dis reste là
T’en as encore dans la tire
Et au bonheur tu y vas
On a tous
Du rock en stock
Du rock en stock

Tu serres la mâchoire
Pour pas pleurer
Ta gueule dans le miroir
Et tu veux tout casser
T’as pas la bonne réaction
Faut t’arrêter
T’as une galette dans le sillon
Faut l’écouter
On a tous
Du rock en stock
Du rock en stock

Ne me laisse pas

Le décor : le parvis d’un centre commercial
Le moment : le soir
Le truc : Jimi aime toujours Marie. Et il lui dit, en mélangeant différentes choses.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Il y a ces hommes
Qui ne parlent plus
Et qui à la solitude se sont
Habitués

Il y a ces hommes
Qui n’en peuvent plus
À quel âge peut-on parler
Au passé

Il y a ces hommes
Qui ne savent plus
Si l’amour les a un jour
Intéressés

Et toi pauvre homme
Qui n’ose plus
Des malheureux comme
On n’en fait plus

Dis-nous si c’est pas mieux
De souffrir un peu
Que d’espérer le soleil radieux
Quand il pleut

Dis-nous comme tu trembles
Dans l’éclat
Dis-nous comme on s’en branle
Ne me laisse pas

Acte III : Chevaux fous dans la nuit

Vauriens (La bande)

Le décor : devant une agence Pôle Emploi
Le moment : l’après-midi
Le truc : avec Vauriens, Jimi rend hommage à sa bande et lui dit tout l’amour qu’il lui porte.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Ils pensent boulot
Nous trois quatre bédots
Draguer les meufs
Faire chier les keufs
Ils disent du sport
Et se réduisent à des corps
Nous c’est téloche
Argent fastoche

Nous sommes fiers
D’être des vauriens
Nous sommes fiers
De ne rien faire
Thugs

Ils parlent identité
Nous on aime notre quartier
Comme notre mère
Comme un poulet son gangster
Ils chantent l’amour
Des Bombes Espagnoles autour
Nous on sait que dalle
On est des cons des animals

Nous sommes fiers
D’être des vauriens
Nous sommes fiers
De ne rien faire
Thugs

Marie je t’aime vraiment

Le décor : la chambre de Jimi
Le moment : la fin d’une après-midi d’hiver ensoleillée
Le truc : Jimi est dans sa chambre. Il est défoncé. Il pense à Marie. Il est défoncé (bis). (pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Un deux toi et moi puis trois
Quatre fleurs chacun
Et tu vois ce que je vois
Des voiles des parfums

Il est temps de retrouver
Le chemin vers nos prés
Sept huit neuf dix bonds
Et nous serons à la maison

J’ai regardé en haut en bas
Mais tu n’es pas avec moi
J’aimerais bien pourtant
Car Marie je t’aime vraiment

(d’après One, two, me & you des Little Rabbits, Grand Public)

Elle voulait un bébé

Le décor : le couloir d’une maternité
Le moment : on sait pas trop
Le truc : Dans un couloir de maternité, Jimi observe le défilé des sages-femmes et autres infirmières. S’il a refusé l’amour de Marie, c’est aussi parce qu’il n’a jamais pu admettre qu’une fille comme Marie puisse s’intéresser à lui et vouloir un jour un bébé avec lui.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Sa peau a tremblé
Je l’ai sentie s’agiter
Alors je l’ai embrassée
Comme un père son enfant fiévreux

Elle n’a pas touché
Ma main qui s’est glissée
Sur son ventre replié
Comme un père fait de son mieux

Et moi j’ai prié
Et moi j’ai pleuré
En sentant l’enfant bougé
Comme un marin retrouve les dieux

Il l’a appelée
Elle est debout
Il l’a réveillée
Mais elle s’en fout
Est-ce qu’on peut
Vouloir un bébé
Avec un fou

Acte IV : Double tête

Un flic dans la tête

Le décor : dans une voiture
Le moment : la nuit
Le truc : Jimi est assis à la place passager. La voiture est garée dans la rue. Un membre de la bande est au volant, deux autres occupent les places arrière. Tous fument des joints.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Voyou dans l’insécurité
Plans vite modifiés
Traqué par les rats
Je ne m’en sors pas

Junkies en manque
Violeurs en planque
Sous les voiles sous les croix
Il est où l’attentat

Désorientation du peuple
Sodomination du peuple
Les puissants ne s’arrêteront
Qu’une balle dans le front

Seul je n’ai pas peur
Braquage à l’heure
Ce n’est pas de la foi
C’est de la haine la loi

Vouloir le finir au poing
Le passer sous un train
L’uniforme bleu pisse
C’est plus qu’un sacrifice

Et le bruit du sang qui gicle
Fait se réveiller l’hémicycle
Des figures des statuettes
Code cent quatre-vingt-sept

Un flic dans la tête
Une balle dans la tête
Du flic

Le parfum des cheveux de Marie

Le décor : au bord d’un canal
Le moment : fin de journée, soleil tombant.
Le truc : Jimi marche seul. Et pense à Marie.
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

J’aime les hommes qui pleurent un peu hier
À l’abri à contempler la mer
Qui revoient l’enfance le vélo gris
La jolie fille qui vous sourit
Le parfum des cheveux de Marie

J’aime les hommes qui ont encore peur
De sentir battre leur cœur
Le zéro et l’infini
La jolie fille qui vous dit oui
Le parfum des cheveux de Marie

J’aime les hommes qui sont perdus
Qui y pensent mais n’y croient plus
Oublier ce qu’on s’était dit
Et respirer une fois suffit
Le parfum des cheveux de Marie

J’aime les hommes qui ont des regrets
Changer les mots les secrets
Quand tout semble fini
Sentir une dernière fois c’est promis
Le parfum des cheveux de Marie

J’aime les hommes qu’il vente qu’il pleuve
S’en vont s’assoir au bord du fleuve
Chercher un peu de repos de répit
Et qui retrouvent dans la nuit
Le parfum des cheveux de Marie

J’avais écrit cet amour
Pour toi
Mais j’ai tout jeté
Au vent
Dis est-ce que tu penses
À moi
Dis est-ce qu’on s’oublie
Vraiment

Rien à foutre

Le décor : rien à foutre
Le moment : rien à foutre
Le truc : rien à foutre
(pour les musiciens : tout se joue sur l’accord de Mi)

Entends-tu les cris
Ils sont loin d’ici
Mais ils approchent
Des reproches

Je t’écris encore
Quand l’hiver mort
Laisse voir les traces
Des menaces

Rien à foutre
Si rien ne change
Sur la poutre
En échange

Regarde là-bas
Et je te dis tout bas
Fuyons à se perdre
Les emmerdes

Et sais-tu l’homme
Qui voulait la pomme
Mais qui la partagea
Je t’aime plus que ça

Rien à foutre
Si rien ne change
Sur la poutre
En échange

Acte V : Déous Makina

Je veux la revoir

Le décor : un garage
Le moment : n’importe
Le truc : Jimi se tient sur une mobylette, elle-même posée sur la béquille. Jimi veut revoir Marie, mêm s’il sait que ce n’est pas possible, que le train est passé.
(pour les musiciens : tout se joue cette fois sur l’accord de Mi)

C’est revenu sans crier gare
Dans le noir
Un parfum dans le soir
Au hasard
Et j’ai retrouvé la mémoire
Elle aime le bleu et le noir
Je voudrais la revoir

Son visage sa beauté
Son regard
Toute l’histoire est repassée
Sans brouillard
Elle aime le rouge et l’ivoire
Une belle histoire
Je voudrais la revoir

Je ne veux pas le croire
Je me serais jeté
Pour ne pas m’en apercevoir
Mais c’est trop tard
Et moi j’en ai marre
Je veux la revoir
Ouais
Je veux la revoir
Ouais
Je veux la revoir

Punk Suicide

Le décor : la piaule en bordel de Jimi
Le moment : la nuit
Le truc : Jimi est seul. Marie est avec un autre homme maintenant. Et elle attend un enfant. Jimi vient de l’apprendre.
(pour les musiciens : tout se joue cette fois sur la CORDE Mi)

Combien à attendre ?
J’en suis toujours là
Maintenant se pendre
Ou bouffer de la mort aux rats

Une balle dans ma tête
Passer par la fenêtre
Caresser la crosse
Pleurer comme un gosse

Le temps n’y fait rien
Je ne crois plus en rien
Et les contradictions
Donnez-moi une raison

Combien à attendre ?
J’en suis toujours là
Maintenant se pendre
Ou bouffer de la mort aux rats

Merde, merde, merde
Qu’avons-nous fait ?
Merde, merde, merde
C’est moi qui y est

Je ne me supporte plus
Et je me sens seul
Je m’emmerde le cul
Et je me sens seul

Combien à attendre ?
J’en suis toujours là
Maintenant se pendre
Ou bouffer de la mort aux rats
Combien à attendre ?
J’en suis toujours là
Maintenant se pendre
Ou bouffer de la mort aux rats
Dites-moi
Dites-moi
Dites-moi