Histoire et explication de Marie-Jeanne

 

 

 Le titre Marie-Jeanne est sorti à l’automne 1967 en face A d’un 45-tours simple. Il figure sur le LP Les deux mondes de Joe Dassin édité chez CBS en novembre 1967.

La chanson est une reprise d’un titre populaire américain de l’été 1967 de Bobby Gentry, Ode To Billy Joe. Le texte original est adapté assez fidèlement par le parolier Jean-Marie Rivat qui substitue le personnage de Billy Joe à celui de Marie-Jeanne. L’histoire traite du suicide de la dite Marie-Jeanne, suicide abordé lors d’une discussion de famille de paysans, en plein repas. Joe Dassin s’éloigne assez peu de la version originale, conserve son riff de guitare minimaliste et ses arrangements de cordes en volutes et prouve avec brio que sa voix chaleureuse s’intègre définitivement à la musique blues américaine. Des deux cents prises de voix enregistrées pour Marie-Jeanne, c’est la première qui a été retenue pour le mixage.

Chanson soumise et texte écrit par le génial Hyppolite Froissard

 

Biographie Joe Dassin

Joe Dassin, né le 5 novembre 1938 à New York, est un compositeur et chanteur ayant la double nationalité française et américaine. Interprète de quelques uns des plus grands titres de variétés françaises des années 1960 et 1970, il a la particularité d’être le premier artiste français à décrocher un contrat avec une maison de disques américaine (CBS en 1964). Il meurt d’une crise cardiaque le 20 août 1980 à Papeete.

 


Video Marie-Jeanne

Paroles/Lyrics Marie-Jeanne

C’était le quatre juin, le soleil tapait depuis le matin.
Je m’occupais de la vigne et mon frère chargeait le foin.
Et l’heure du déjeuner venue, on est retourné à la maison
Et notre mère a crié de la cuisine « Essuyez vos pieds sur l’paillasson ».
Elle dit qu’elle avait des nouvelles de Bourg-les-Essonnes
« Ce matin, Marie-Jeanne Guillaume s’est jetée du pont de la Garonne ».

Et mon père dit à ma mère en nous passant le plat de gratin
« La Marie-Jeanne, elle n’était pas très maligne, passe-moi donc le pain.
Y’a bien encore deux hectares à labourer dans le champ d’la canne. »
Et Maman dit « Tu vois, quand j’y pense
C’est quand même bête pour cette pauvre Marie-Jeanne.
On dirait qu’il n’arrive jamais rien de bon à Bourg-les-Essonnes
Et voilà qu’Marie-Jeanne Guillaume s’est jetée du pont de la Garonne. »

Mon frère dit qu’il se souvenait quand lui et moi et l’grand Nicolas
On avait mis une grenouille dans l’dos d’Marie-Jeanne, un soir au cinéma.
Et il me dit « Tu t’rappelles ?
Tu lui parlais ce dimanche près de l’église.
Donne-moi encore un peu de vin, c’est bien injuste la vie.
Dire que je l’ai vue à la scierie hier, à Bourg-les-Essonnes
Et qu’aujourd’hui, Marie-Jeanne s’est jetée du pont de la Garonne. »

Maman me dit « Enfin, mon grand, tu n’as pas beaucoup d’appétit.
J’ai cuisiné tout ce matin, et tu n’as rien touché, tu n’as rien pris.
Dis-moi, la soeur de ce jeune curé est passée en auto.
Elle m’a dit qu’elle viendrait dimanche à dîner, oh, et à propos
Elle dit qu’elle a vu un garçon qui t’ressemblait à Bourg-les-Essonnes
Et lui et Marie-Jeanne jetaient quelque chose du pont de la Garonne. »

Toute une année est passée, on ne parle plus du tout de Marie-Jeanne.
Mon frère qui s’est marié a pris un magasin avec sa femme.
La grippe est venue par chez nous et mon père en est mort en janvier.
Depuis Maman n’a plus envie de faire grand-chose
Elle est toujours fatiguée.
Et moi j’vais de temps en temps
Ramasser quelques fleurs du côté des Essonnes
Et je les jette dans les eaux boueuses du haut du pont de la Garonne.

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