Par Olivier Crachin


Avant, Joey Starr faisait du rap, avec Kool Shen. Ils avaient un putain de groupe béton qui s’appelait NTM (ou Suprême NTM ou Suprême NTM 93). Voilà, c’était de la bombe. Pas d’autre mot. Aujourd’hui, Joey Starr s’est mis à la chanson française. Alors pas dans le style Francis Cabrel ou Serge Lama. Non, plutôt côté Matt Pokora ou Keen’V. Un truc dégueulasse quoi. À côté, Christophe Maé, c’est du hard rock. Et Diams du rap. C’est dire si Joey Starr a définitivement rompu avec le rap de ses débuts. Hé ! On va pas lui jeter la pierre. Gorbatchev a bien fini par faire des pubs pour Pizza Hut et les sœurs Kardashian finiront bien par laver leurs petites culottes (à force de les baisser, ça prend la poussière).

Mais y a quand même un truc qui me gène dans la promotion de Joey Starr. Quand le mec déboule sur les plateaux-télé (parce que tout rebelle qu’il est, il adooooore les plateaux-télé le mondain) pour parler d’Egomaniac et qu’il nous dit qu’il a profité de ses « vacances carcérales » pour écrire son album. Il se prend pour Jacques Mesrine ou quoi le gars ? Putain, faut quand même pas oublier que Joey Starr était en taule, à ce moment-là, pour avoir tabassé sa femme. C’est un peu comme si Bertrand Cantat avait enregistré en 2003 un album hommage à Marie Trintignant et qu’il se serait servi de cet argument pour augmenter les ventes de son album. Oui, je sais que pour vendre son album, Joey Starr ne peut pas compter sur le contenu de ce dernier. Mais quand même…