En 1951, Johnny Cash (19 ans) se trouve en Allemagne où il effectue son service militaire dans l’Armée de l’air américaine. Un soir, il se rend au cinéma de sa base d’affectation : on y projette un documentaire sur la prison de Folsom (Californie), « Inside the Walls of Folsom »…

Naissance de… Johnny Cash

Le jeune Cash en sort bouleversé et la nuit suivante, il écrit une chanson intitulée « Folsom Prison Blues ». De retour aux États-Unis en 1954, il répète ses classiques country et blues accompagnés de deux amis. Deux ans plus tard, il frappe à la porte des studios Sun de Sam Phillips qui vient de lancer un certain Elvis Presley. Le producteur déclare à Johnny Cash ne pas être intéressé par son répertoire de reprises et lui demande une chanson originale : Cash et ses compères se lancent alors dans une interprétation endiablée de « Folsom Prison Blues ». Phillips signe le natif de l’Arkansas dans la foulée. « Folsom Prison Blues » – pour l’écriture de laquelle Johnny Cash s’est inspiré du morceau « Crescent City Blues » de Gordon Jerkins (1953) – sort en single quelques semaines plus tard. Critique et public y trouvent leur compte et le single connaît un joli succès. La carrière de Johnny Cash est lancée. « Folsom Prison Blues » en aura été l’étincelle nécessaire.

Cash, succès et dérives

En 1956, la musique populaire américaine est en pleine mutation. Des branches gorgées de sève de la country, du blues, du jazz ou encore du rhythm’n’blues, jaillissent les bourgeons du rock’n’roll. Elvis Presley en sera évidemment la plus médiatique des figures, mais à ses côtés, on compte quelques autres « diables » : Carl Perkins, Buddy Holly, Little Richard, Chuck Berry… et donc, très vite, Johnny Cash. Ce dernier est d’ailleurs, dès le début, plus proche du rock tel qu’on le connaîtra une décennie plus tard que du rock’n’roll. Les chansons sur les filles et les voitures ? Très peu pour Johnny. Face au sourire et au brushing parfaits d’Elvis, Cash présente sa tête de voyou et ses textes engagés, introspectifs, rageurs. Ce sera le cas de nombreux de ses tubes à venir, parmi les plus célèbres, « Ring of fire » (1963), « I walk the line » (1964)… « Folsom Prison Blues » est certes basée sur une structure country, mais son interprétation et son rythme sont rock’n’roll et son propos très rock. Ce dernier sera d’ailleurs en partie censuré lors de la commercialisation du single, notamment la phrase « I shot a man in Reno just to watch him die » (« j’ai tiré sur un homme à Reno, juste pour le regarder mourir »), jugée trop violente et obscène (pour l’époque…). Sans être le seul, Johnny Cash est l’un des Pères fondateurs du rock moderne. Par ses chansons bien sûr, mais aussi par sa vie romanesque et turbulente. Car Cash ne fait pas que chanter les excès, le risque et la colère : il les vit, littéralement. Le succès de « Folsom Prison Blues » et des singles qui suivent font de lui une immense star aux États-Unis. Il tourne dans tout le pays (jusqu’à 300 concerts par an en 1959 !) et commence à boire et se droguer – massivement – dès l’année 1957. Il est arrêté à maintes reprises pour possession de diverses substances (même si, à l’époque, aux États-Unis, les barbituriques ne sont pas, par exemple, interdits par la loi) et passe quelques nuits au poste. Ce n’est pas un membre du grand banditisme US, mais Johnny fait l’expérience concrète du « Folsom Prison Blues ». Son ascension continue toutefois, malgré les écarts et les dépendances toujours vives, jusqu’en 1964 et la sortie de son album « I walk the line », où il y est beaucoup question de rédemption et de douleur. L’album se vend bien, mais pas autant que Cash (et surtout sa maison de disques) ne l’avait espéré. L’homme est fatigué, en proie à des problèmes de dépression (et toujours ses maudites addictions) et l’artiste doit faire face (lui et d’autres) à l’arrivée de la seconde génération de rockers : les Beatles, les Stones, les Who… Les « Vieux », parmi lesquels Cash, sont relayés au second plan, avec toutes les conséquences qui vont avec : encore plus d’alcool, de drogues, de conneries en tout genre.

Retour à Folsom Prison

Johnny Cash met quatre ans à sortir de cette brume. 1968 marque ainsi son grand retour sur le devant de la scène… en grande partie grâce à sa chanson fétiche, « Folsom Prison Blues ». 12 ans après son premier enregistrement, Cash interprète « Folsom Prison Blues » dans l’enceinte même de la prison, devant un parterre de détenus (et de surveillants), le 13 janvier 1968. C’est d’ailleurs cette version live de « Folsom Prison Blues » que les radios passeront après 1968 et encore aujourd’hui. Il faut dire que Johnny Cash y réalise l’une de ses meilleures performances. Tout y est : de la rage, de la joie… Une leçon pour tous les « jeunots du rock » en pleine période Peace & Love. Johnny Cash, lui, est (momentanément) débarrassé de ses problèmes d’addictions et à l’heure de l’amour libre et bohème, il préfère (enfin) épouser son grand amour, June Carter. De sa prestation à Folsom sortira un album (« At Folsom Prison ») quelques semaines plus tard. L’opus se classe au sommet des charts américains. La carrière de Johnny Cash est relancée, grandement aidée par ce monument du rock qu’est, pour l’éternité, « Folsom Prison Blues ».

Biographie de Johnny Cash

Johnny Cash est un chanteur et guitariste qui a pratiqué divers styles musicaux, de la country au blues en passant par le folk ou le rockabilly. Son répertoire fait souvent référence à des thématiques fortes comme la douleur ou la rédemption. Avec 90 millions d’albums vendus, il est considéré comme un des chanteurs les plus influents de la musique américaine du XXe siècle.