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Poète maudit (Grand Prix Arthur Rimbaud 2006), chroniqueur de la ruine ambiante, musicophage et scribe à plumes 2.0, Romain Duvivier se découvre plus longuement sur letruq.com.

guitar blood

« Pour un meurtre au 1er degré, optez plutôt pour un 22 Long Rifle. »

 « Les pianos, c’est comme les chèques : ça ne fait plaisir qu’à ceux qui les touchent. »   – Erik Satie  –

Dans une vision strictement pragmatique du monde, l’empathie serait un truc de faible et la musique n’aurait plus de raison d’être. Sans faire le type qui aurait un bout de quatre-quarts séché à la place du coeur ou un poulpe mort en guise de sensibilité, force est d’admettre que la musique, objectivement, ça ne sert à rien. Sans eau, vous mourez. Sans les nutriments et vitamines nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme, vous mourez. Sans musique, en revanche, vous pouvez survivre. Déjà parce qu’un showcase de La Fouine à la Fnac ou un concert de Rihanna, c’est dangereux. Rappelez-vous dans Walking Dead, le bruit, ça attire les zombies et les goules en tout genre.

Et puis, en cas de retour à l’âge de pierre, en mode loi de la jungle (le genre de truc sympa entre Resident Evil et le camping des Vieilles Charrues un lendemain de concert de Vitalic), dans ce genre de situation extrême, où s’unir et s’organiser seront déterminants pour assurer sa survie, franchement,  si on en arrivait là, vous prendriez qui dans votre équipe? Un luthier et un gratteux de plage? Un beatboxer et un chanteur de R’n’B? Entre Jason Statham et Bénabar, vous choisiriez qui sincèrement? Le soldat rompu à l’art de la guerre ou la tête à gifles galbée comme une chips? Ou entre Michonne et ses katanas et Nabilla et son poum-poum short ras la salle de jeux? Vous opteriez pour qui? Les deux?

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Comme une grosse envie de survivre…

J’avoue que Nabilla représenterait un apport non négligeable de protéines pour le reste du groupe et qu’un bobo brushingué, à défaut de chanter de la soupe ferait un formidable appât pour  la chasse, ou la pêche, le type ayant déjà des prédispositions à faire le lombric à l’avant des barques. Bien sûr, il ne s’agit pas de commencer à survivre au-dessus de ses moyens mais comme disait Confucius, à moins que ce ne soit un cocaïnomane de chez Publicis, « la vie est une question de priorité » et en situation de survie, « Nécessité fait loi. »

jpfrancois

et on vivra de musique et de coupe mulet!

Dans la jungle terrible jungle, y’aura pas les Pow Wow pour nous accompagner, y’aura pas non plus d’Ipod ou de MPC dans le kit de survie, désolé les mecs. D’abord, ce sera la guerre, la lutte permanente de tous contre tous. Puis, au bout d’un certain temps, quand il ne restera plus grand monde pour s’entretuer, viendra l’union. Une sorte de sélection naturelle qui s’opèrera pour former un clan composé de membres ayant chacun des compétences individuelles propres à optimiser la survie du groupe dans son ensemble. Il y aura les guerriers, tantôt soldats tantôt chasseurs, les maçons, les menuisiers, les forgerons, les médecins et puis les agriculteurs. Avec tout ça, on reconstruira un semblant de société, structurée, organisée. Qu’on le veuille ou non, tout ça ressemblera à un grand opéra, la longue litanie du cours des choses. Et puis, quand on aura sécuriser tout ça et que la ville nouvelle sera enfin fortifiée, protégée, pour se détendre, se soulager enfin de tant de fatigue, on retournera éventrer des chats et péter des arbres pour se fabriquer des guitares, dépecer des chèvres et des taureaux pour se faire des djembés, et 3, et 4, et en avant la musique!

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Y’a pas que de la musique qui coulait dans leurs veines…

Seulement, nous vivons en temps de paix, à l’ère de la tolérance et du hit music only. Certes, la musique ne tue pas. Mais contrairement au dicton, elle ne rend pas plus fort. Comme on dit en Auvergne, « on n’attrape pas de lièvre avec un tambour » ; un FAMAS ayant plus fait ses preuves qu’une gratte sèche ou des maracas sur un champ de bataille. Alors en attendant un hypothétique retour au néolithique, et puisqu’au bout du rouleau il y a la mort, continuons d’humer les pots d’échappement en écoutant Gloria Gaynor à contresens sur le périph’ et chantons la vie parce que finalement, comme le dit Björk, « chanter, c’est comme honorer l’oxygène.« 

I will survive !