Par Olivier Crachin


Attention, un Souchon peut cacher un Voulzy. Quelques jours après Alain et son album A cause d’elles, Laurent sort Lys and love. Pourquoi pas. Sa nonchalance, ses dents du bonheur, son air d’éternel adolescent, rendent automatiquement Voulzy charmant. A priori, donc, difficile de critiquer le bonhomme. Conneries. Car il suffit d’entendre quelques minutes de son nouvel album pour revenir sur tout ce qu’on vient de dire. Laurent Voulzy, c’est le mec qui depuis vingt ans nous fait croire qu’il est notre soleil dans le ciel gris de nos dimanches d’hiver. C’est faux. C’est plutôt la visite forcée chez la grand-mère, dans un bled tout pourri de la province française où, même en plein mois d’août, il fait froid et humide. Une arnaque. À la limite, chanter qu’on fantasme sur la petite lycéenne au cœur grenadine tout en astiquant le pot chromé de sa mobylette quand on a vingt piges, ça passe. Mais redire qu’on bave sur Kim Wilde et ses escalopes quand on a soixante berges, ça fout franchement la nausée. Et puis le titre Lys and love… Faut pas déconner Laurent. Le jeu de mots tout naze ! Faut laisser ça à Laurent Ruquier mon Lolo. Alors que l’homme a du mal à grandir (on ne dira pas vieillir, de peur de nous prendre un procès au cul), on peut l’admettre – Michael Jackson fut lui aussi un enfant toute sa vie. Mais sa musique ? Je sais pas moi, je suppose que même Filip Nikolic aurait aimé faire autre chose, à soixante ans, que de la musique pour jeunes filles. Ben non, pas Lolo La Frise qui persiste et signe. Comme Michel Drucker. C’est dire si nos dimanches s’annoncent bien tristes.