Chère Zaz,

J’espère ne pas m’y prendre trop tard, mais je tenais à tout prix à vous faire part d’une frayeur que je ne peux contenir. Vous sachant propriétaire d’une douzaine de chiens, j’ai très peur que vous les abandonniez cet été sur le bord de la route, comme tant d’autres enfoirés le font. Même les corniauds galeux ont droit à leur dignité.

Peut-être ne tiendront-ils pas tous dans votre J5 aménagé : accrochez une remorque à l’arrière ! Vous n’êtes pas à ça près, n’est-ce pas ? Peut-être vous coûteront-ils plus cher que d’habitude, le prix du canigou est en effet plus élevé sur la Côte d’Azur : oui, mais ils vous tiendront chaud quand il s’agira de dormir sur la plage parce que vous serez trop bourrée pour retourner au J5 (je ne vous blâme pas, ce sont vos vacances). Ce ne sont pas les cadavres de 33 Export qui le feront à leur place, croyez-moi. Peut-être vous empêcheront-ils encore de ramener à l’arrière du camion l’une de vos conquêtes scorbutiques au gland mycosé : baiser à l’avant ! Les camionneurs préfèrent… Peut-être, enfin, vous embarrasseront-ils quand ils se mettront à gueuler en pleine nuit à réveiller toute la Camargue : oui, mais ils vous protégeront des Gitans !

Chère Isabelle, vous voyez qu’il existe mille raisons de conserver à vos côtés votre meute. J’espère que vous ne commettrez pas l’irréparable. Pour que vivent les chiens-à-punk et les services sociaux,

Animalement vôtre,

Phil Patrick

Fin août, il fait chaud
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