Cette semaine dans L’invité mort, Francis reçoit Daniel Balavoine, mort le 14 janvier 1986. Enfin presque.

– Bonjour Daniel !
– Tu peux m’appeler Dany, toi et moi, on est des jeunes.
– D’accord, mais en fait, Dany, c’est mon oncle, donc je préfère en rester à Daniel avec vous.
– Comme tu veux mon pote.
– Mais c’est bizarre d’être pote comme ça alors qu’on se connaît pas, non ?
– Hé mon pote, on est plus sous Giscard !
– On n’est plus non plus sous Mitterrand.
– Quoi ?
– Non, rien.
Vous allez bien Daniel ?
– Impec’ !
– Vous êtes venu comment ?
– En hélico !
– C’est une blague ?
– Non, y avait plus que ça au garage.
– Ben vous êtes pas rancunier au moins !
– C’est Gérard Holtz qui devait être à ma place !
– C’est ce qu’on dit effectivement.
– C’est Gérard Holtz qui devait être à ma place !
– Vous venez de le dire !
– C’est Gérard Holtz qui devait…
– Hoooo ! C’est bon tout va bien Daniel.
On passe un disque.

– De retour dans l’Invité mort avec Daniel Balavoine.
Daniel, parlons si vous le voulez bien de vos grands succès. L’Aziza, vous l’avez pécho ?
– Pardon ? Tu veux mon poing sur la gueule ?
– Désolé, c’était juste une blague pour introduire la suite. Nagui il fait pareil putain !
– On rigole pas avec la poésie.
– Ouais, heu…, poésie, poésie, c’est peut-être un peu too much…
– Et Tous les cris les S.O.S., c’est de la merde en barres enculé ?
– Ça va aller ouais ?
– Ouais, pardon, suis un peu chaud en ce moment.
Vaz-y, continue mon pote.
– Vous avez chanté : « j’veux mourir malheureux pour ne rien regretter ». Alors ?
– C’est Gérard Holtz qui devait être à ma place !
– Putain vous êtes grave Daniel. La question : étiez-vous malheureux quand vous êtes mort ?
– Pas vraiment.
– Donc vous regrettez quelque chose ?
– Oui, d’être mort.
– C’est un peu con votre truc.
– C’est Gérard Holtz qui devait être à ma place !
– Ça r’commence !
Un disque.

– Daniel, vous êtes réputé pour être quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche. Question : elle est où ?
– Quoi ?
– Non, rien c’était une blague Daniel.
– Ah.
– Je vais vous donner des noms, vous allez me dire, en UN mot Daniel, ce que vous pensez d’eux. Ok ?
– Ok.
– C’est parti : Dalida ?
– Bigleuse suicidaire.
– On a dit UN mot Daniel ?
– Suicidaire.
Jean-Jacques Goldman ?
– Copieur.
France Gall ?
– Suceuse.
– Quoi ? Non, non, mais là, c’est limite Daniel.
– C’était une référence à la chanson des Sucettes connard !
– Ah ! Pardon.
On reprend : Johnny Hallyday ?
– Rocker attardé.
– UN mot bon sang !
– Je retire rocker.
Charles Aznavour ?
– Retardataire.
– Pardon ?
– Ben ouais, ça fait un moment qu’on l’attend là-haut.
– Oh non Daniel, pas ça, le Grand Charles !
– T’en as pas marre de voir sa gueule ?
– Mais la question n’est pas là Daniel, enfin !
– T’as envie d’lui mettre une balle au papie, hein ?
– Mais t’es dingue ! Pardon, vous êtes fou Daniel !
– J’me casse !
– Quoi ?
– J’me tire j’te dis !
– Vous dites pas au revoir à nos auditeurs ?
– Pas le temps, l’hélico attend.
– Putain il est grave.
À la semaine prochaine les amis. Love.