Par Audrey Plumard

On ne tapera pas sur Lucien Gainsbourg parce qu’il est le fils de… (Bambou). On ne tapera pas sur lui parce qu’il n’a rien trouvé de mieux à faire que de reprendre les tubes à papa : Marine Le Pen, après tout, fait pareil, et ça ne semble choquer personne. On dira cependant que même Enrique Iglesias a préféré faire son propre caca plutôt que de lécher la cuvette après le passage de son père. Tout le monde n’a pas la classe ibérique. Passons, et intéressons-nous à ce disque de reprises en duo (après Gérard Lenorman, c’est la mode et c’est normal). Que dire ? D’une part qu’il n’y a aucun suspens : vous connaissez toutes les chansons et finalement Lulu n’a pas tout à fait tué le père – au sens freudien du terme, évidemment, parce que côté artistique, Gainsbourg fils a massacré Gainsbourg père. D’autre part, que ce disque ressemble plus à un événement Nokia – de ceux où l’on offre aux gens de lettres comme Stéphane Bern et Nikos Aliagas des téléphones portables – qu’à un travail artistique. Tu y retrouves tout le showbiz malsain du petit Paris (parce qu’il existe un Grand Paris) et globalement, ça pue le foutre à paillettes et le latex parfumé au n°5 de Chavanel. Lulu est un malin, mais son habileté à réunir tout ce qui se fait de plus has been autour de l’œuvre de Gainsbourg ne saurait nous faire oublier que l’enfant est finalement un beau salop. Et le cul – aussi sublime soit-il – de Scarlett Johansson, n’y changera rien.