« Nothing else matters » figure sur le cinquième album studio de Metallica, un album « sans nom » que les fans du groupe (et par extension tout le monde) nomment « The Black Album ». Nous sommes en août 1991 et Metallica est l’une des figures majeures de la scène thrash metal. Si leur premier album, « Kill ‘Em All », date (déjà) de 1983, c’est surtout avec les deux opus précédant la sortie du « Black Album » – « Master of puppets » en 1986 et « …And Justice for all » en 1988 – que Metallica accède au rang de groupe phare de la scène metal internationale. Un statut que confirme la sortie du « Black Album ».

L’album noir

Ce dernier se vend dès les premiers mois de sa sortie à des millions d’exemplaires, aux Etats-Unis, mais aussi en Europe, au Japon, en Australie… Avec cet album, James Hetfield (chant / guitare) et sa bande (Lars Ulrich à la batterie, Kirk Hammett à la guitare et Jason Newsted à la basse) s’offrent leur premier n°1 au Billboard US (et dans les charts anglais). Bien que « Nothing else matters » soit devenue au fil des années LA chanson la plus connue du « Black Album », elle n’est pas choisie par le groupe (ni par la maison de disques de ce dernier) comme premier single extrait de l’album. Elle n’en sera « que » le quatrième (après « Enter Sandman », « Don’t tread on me » et « The Unforgiven ») et sortira le 20 avril 1992 (le « Black Album » a déjà été écoulé à près de 12 millions d’exemplaires dans le monde). « Nothing else matters » va pourtant devenir le symbole du « changement » de style de Metallica, tant pour ses fans historiques que pour les critiques. Avec le « Black Album », Metallica propose en effet une musique moins portée sur le thrash metal que sur un hard rock plus « classique » – ce n’est pas, non plus, du Jacques Brel. L’évolution est sensible, mais elle ne fait pas acte de « cassure » dans la discographie de Metallica. Sauf pour une partie des fans historiques du groupe (et pour leurs détracteurs de toujours) qui considèrent ce changement comme une trahison et un acte de soumission envers l’industrie du disque (et le mainstream). Cela semble très exagéré, même si le Black Album contient en effet deux Power Ballads, « The Unforgiven » et « Nothing else matters ». On définit comme Power Ballad une chanson de metal jouée et chantée avec une certaine douceur. Metallica en avait déjà enregistrée une sur l’un de ses précédents opus, « Fade to black » (album « Ride the lightning », 1984) et cela avait déjà « froissé » une partie des fans de Metallica. Alors quand le groupe décide d’en intégrer deux sur un seul et même album, certains crient à l’hérésie. Le fait est, toutefois, que « Nothing else matters » (et le « Black Album » dans son ensemble) fera « gagner » bien plus de fans à Metallica qu’elle ne leur en fera perdre.

Paroles de « Nothing else matters »

Les paroles de « Nothing else matters » sont l’œuvre de James Heitfield, chanteur et guitariste de Metallica. Il existe plusieurs interprétations quant au sens de ces paroles. La première voudrait que Nothing else matters soit une « simple » chanson d’amour, ou plutôt de rupture – James Heitfield l’aurait d’ailleurs écrite à l’âge de 17 ans pour marquer son premier chagrin d’amour. Une autre interprétation voudrait que « Nothing else matters » ait été écrite dès le départ par James Heitfield pour tous les fans de Metallica, pour signifier l’amour que leur porte le groupe, une manière de les remercier de leur fidélité, même s’ils subissent les critiques de certains : « never care for what they say », « on se fout de ce qu’ils pensent, [rien d’autre ne compte que ce qui nous lie] ». Enfin, une troisième interprétation voudrait que Nothing else matters soit une complainte de James Hetfield sur la condition de rock star, et notamment la difficulté à gérer le rythme effréné des enregistrements, des tournées, le fait de passer beaucoup de temps loin de ses proches… Une dernière interprétation qui ne manquerait pas d’ironie à la lecture du succès de « Nothing else matters » et de l’album dont la chanson est extraite. Car après le « Black Album », la popularité de Metallica dans le monde monte encore de plusieurs crans, augmentant du même coup le nombre de concerts et autres sollicitations en tout genre. Ce qui explique en partie la durée relativement longue entre la sortie du « Black Album » (août 1991) et celle de l’album suivant, « Load », sorti en juin 1996. Un sixième album studio qui connaîtra un succès aussi énorme que celui de son prédécesseur. Et avec une seule petite Power Ballad (« Mama said »)…

Biographie Metallica

Metallica se forme en 1981 autour de Lars Ulrich (batterie) et James Hetfield (guitare, chant). Adepte du heavy metal, Metallica sera à l’origine de la création du trash metal. Aujourd’hui, en plus de Hetfield et Ulrich, la formation est composée de Kirk Hammet (depuis 1983) et Robert Trujilo (depuis 2003).