Par Phil Patrick

 

Si le rock est devenu, depuis le passage de la New Wave (même si ce n’est pas, en soi, la faute de la New Wave), une musique étriquée et intellectuellement assez pauvre (sauf exception, Dieu merci), c’est en grande partie la faute aux radios qui, paradoxalement, portent beaucoup plus d’intérêt au look qu’à la musique. Et les gars (ou gonzesses) qui veulent passer en radio ne s’y sont pas trompés : ils pensent style et fringues avant de penser musique. Résultat : des émissions rock merdiques à la radio et des passages de groupes merdiques à la radio (ça fait beaucoup de merde… à la radio). Symbole parmi les symboles de cette stratégie consumériste (alors qu’on parle musique bordel), Le Mouv’, radio d’État, ce qui laissait espérer qu’elle ne devienne pas la petite pute des majors. À l »origine, Le Mouv’, radio de province (on ne leur en veut pas…), était une radio plutôt sympathique, qui se risquait à quelques entraves à la ligne édictée – déjà – par les puissantes maisons de disques. Je me rappelle même d’un temps où l’on entendait, sur Le Mouv’, Stephan Eicher, ce qui signe d’une programmation intelligente, à mon sens.

Aujourd’hui, Le Mouv’, est devenue un drôle de machin où se côtoient le bon et le franchement dégueulasse. En parlant de dégueulasse, on citera Yacine Belattar. Yacine Belattar, c’est la vieille France de Sarkozy qui se sert encore des origines ethniques comme excuse à la médiocrité. Le gars n’a pas 30 ans qu’il est déjà usé comme la chatte d’une actrice porno. Cela en devient gênant de l’écouter balancer ses vannes débilisantes à la Vincent Lagaf’. Excellente idée de reconversion pour lui : présentateur d’un jeu télé tout pourri en access prime time sur TF1. On parie combien ?

Passons sur Belattar pour en revenir au rock. Le Mouv’, avant, était une radio musicale tendance rock. Aujourd’hui, c’est une radio pour « jeunes ». Rires. Mais le rock y est encore un sujet de discussions (rires x2) et de prétexte à la médiocrité. Je me suis essayé, depuis quelques semaines (d’où mon silence, vous allez comprendre pourquoi…) à écouter, non seulement toute la grille du Mouv’ (et y a des trucs bien, c’est sur !), mais aussi, et surtout, et avec une attention toute soviétique, les émissions, chroniques, « débats »… consacrés au rock. J’ai cru crever – ainsi je l’ai vécu, ainsi je raconte. Et la palme de l’émission rock la plus pourrie de la bande FM (inutile d’écouter les autres) est attribuée au Rock Show.

Le problème du Rock Show (déjà, le nom est d’une prétention !) n’est pas tant dans la programmation musicale (sans saveur, sans surprise, mais faisons comme si de rien n’était) que dans la présentation même de cette playlist. Elle est gentille Émilie Mazoyer, mais bordel qu’est-ce qu’elle est chiante ! Déjà, une nana qui écrit pour Rock & Folk (elle écrit comme une gamine de 14 ans, mais là encore, faisons comme si de rien n’était), moi je la vire sur le champ. Putain, si le rock était chez Rock & Folk, ça se saurait ! Ses interventions sont sans doute à l’image de ses fesses : molles, pâteuses et moches. Autant demander à Ségolène Royal de présenter une émission sur le Black Metal. Mais qu’on nous donne, au moins quand il s’agit de parler rock, de la voix grasse, de la voix qui pue l’alcool et la déchéance. La subversion (même un embryon de subversion). Non, Émilie, c’est l’incarnation radiophonique de la génération « 10 mots ». Pour elle, tout est « super », « trop cool », « incroyable »… Mon cul ! Ne passer que les disques qu’on aime parce que Philippe Manœuvre les aime aussi, ça s’appelle de la masturbation, mademoiselle Mazoyer. Et franchement, entendre pendant une heure une gonzesse se frotter la languette, c’est désespérant.

À la limite, moi je m’en branle, ce n’est pas avec mes impôts que la Mazoyer doit bouffer. Mais pour ceux qui en paient, ça doit être dur. Une seule chose à faire : réclamer, et obtenir, des têtes.