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Musique Rock : histoire, origines, artistes et chansons


Le terme « rock » apparaît au cours des années 1950 aux Etats-Unis pour désigner un mouvement musical qui n’est autre que le prolongement du rock’n’roll. Phénomène à part entière jusque dans les années 1960, le rock se scinde ensuite lui-même en plusieurs sous-familles, plus ou moins novatrices. Aussi longue que la liste de ses racines, celle de ses descendants fait du rock un élément central de l’histoire de la culture moderne, dépassant le simple cadre de la musique. Le rock, ce sont aussi la mode, le cinéma, la littérature, la peinture

Naissance du rock

La musique rock est le fruit d’une union mêlant rhythm’n’blues et rock’n’roll, mais aussi blues, country et jazz !

Du rhythm’n’blues au rock’n’roll

Parmi toutes les racines profondes du rock, deux styles se distinguent largement : le rhythm’n’blues et le rock’n’roll, le premier étant lui-même considéré comme l’aîné du second (vous suivez toujours ?).
Le rhythm’n’blues, mélange de jazz, de blues ou encore de country se développe fortement – et commercialement – au cours des années 1940, principalement dans la communauté noire américaine. Il s’agit d’une musique « explosive » (en comparaison de ses prédécesseures), dansante (« qui inspire la danse ») et en grande partie « joyeuse ».
Tant pour des raisons musicales qu’économiques – les magnats de l’industrie du disque veulent conquérir un public blanc plus volumineux – le rhythm’n’blues glisse progressivement vers le rock’n’roll et ses pionniers, loin d’être tous blancs : Little Richard, Elvis Presley, Bill Haley… C’est aussi en ce sens que l’on dire que le rock’n’roll fut un « pont entre les communautés » plus que n’importe quelle loi votée sur le sujet aux Etats-Unis.

Du rock’n’roll au rock

La première génération de rockers transforment le paysage musical américain dès le début des années 1950 avec une montée en puissance tout au long de la décennie et l’apparition d’un marché international que dominent certaines figures majeures du rock’n’roll des origines : Elvis « The King » Presley évidemment, mais aussi Buddy Holly, Johnny Cash, Richard Berry, Eddie Cochran…
Les thèmes de prédilection du rock’n’roll sont très généralement les filles, les voitures, le « fun », si bien que la génération qui émerge au début des années 1960 – celle composée des enfants nés entre 1940 et 1945 – souhaite proposer une musique plus engagée (politiquement et poétiquement) et surtout plus « forte ». Les kids américains et européens (principalement britanniques) abandonnent ainsi le « roll » pour ne plus conserver que le « rock ». Une ère s’achève, une autre s’ouvre !

Little Richard en 1957, prince du rock'n'roll.

Little Richard en 1957, prince du rock’n’roll.

Le rock des années 1960

Les années 1960 sont les années durant lesquelles la musique rock prend son envol pour devenir, au-delà d’un nouveau style musical, un phénomène social et culturel à part entière.

La British Invasion

Si le rock’n’roll est né aux Etats-Unis, c’est en Angleterre qu’il faut localiser l’émergence du rock tel qu’on le désigne aujourd’hui. Avec les Beatles, ce sont les Rolling Stones, les Kinks ou encore les Who qui s’imposent comme les nouvelles stars de la culture populaire et musicale, en Europe bien sûr, mais aussi et surtout aux Etats-Unis avec le phénomène que l’on désignera sous le terme de « British Invasion », à savoir l’arrivée des groupes susmentionnés sur le marché américain à partir de l’année 1964 et qui connaîtront un succès phénoménal.

Contre-culture et rock psychédélique

En même temps que les groupes anglais débarquent littéralement aux Etats-Unis, des groupes américains s’imposent. Ce sont les Beach Boys, les Bee Gees (période pop-rock), les Monkees, les Doors… Le rock incarne alors les valeurs de la contre-culture américaine : plus de liberté, plus de sexe, plus de drogues !
Le rock devient un style de vie autant qu’un style musical. La décennie s’achève sur les premiers débordements liés au phénomène. De nombreux artistes meurent ainsi d’overdose ou autres excès : Jimi Hendrix, Janis Joplin, Brian Jones des Rolling Stones, Jim Morrison des Doors… aucun ne dépassera les 30 ans !

Rock et folk

A priori, il n’est pas évident de voir les passerelles existant entre le rock et la folk, style musical essentiellement fondé sur l’utilisation d’une guitare acoustique et de paroles plutôt « gentilles » (pittoresques ?). C’était avant que Bob Dylan (lui-même inspiré de Woody Guthrie et autres) ne branche sa guitare folk à un ampli, en 1965. La star du folk devient ainsi une rock star à part entière, comme le seront ses semblables, au premier rang desquels Neil Young.

Garage rock

Aux côtés du rock directement issu du rock’n’roll, une autre forme du style (comme d’autres) émerge à la fin des années 1960 : le rock garage, incarné par des artistes ou des groupes comme Iggy Pop et ses Stooges, MC5, les Ramones. Le garage connaîtra toutefois ses plus belles heures au cours de la première moitié des années 1970, avant que le punk n’en prenne « la suite » avec une approche aussi brute et brutale.

Les Beatles avec la vedette suédoise Lill-Babs, le 30 octobre 1963.

Les Beatles avec la vedette suédoise Lill-Babs, le 30 octobre 1963.

Le rock des années 1970

Après une décennie d’émergence et d’affirmation, le rock originel inspire encore de nouveaux mouvements, parmi lesquels des styles qui font toujours autorité aujourd’hui : le hard rock et le punk.

Le rock progressif

L’avancée du rock vers le hard rock ou le heavy metal s’explique d’abord par une parenthèse musicale que l’on nommera rock progressif. Celui-ci est représenté par des groupes comme Pink Floyd, Blue Öyster Cult, Jethro Tull… Ce n’est pas tant leur attitude ou leur look qui sont révolutionnaires (ou qui marquent un pas supplémentaire dans l’histoire du style), mais leur manière d’utiliser la « technologie » musicale mise à leur disposition. C’est le rock progressif qui va vraiment faire passer le rock de l’état de musique pour adolescents à celui de musique pour adultes et… musiciens. L’heure est aux expérimentations sonores, aux orchestrations tapageuses (grandiloquentes ?), aux instrumentistes virtuoses.

Naissance du hard rock

Du rock progressif naît ainsi le hard rock : une musique plus forte, plus complexe, plus « grandiose ». D’un point de vue vestimentaire, le cuir remplace les franges hippies des années 1960 et ce sont des groupes comme Led Zeppelin, Black Sabbath ou encore AC/DC qui s’imposent comme les rois de la seconde moitié des années 1970.

Le punk

Le punk est en partie une réaction à la musique des groupes vedettes des années 1960 (leur côté jugé trop « baba-cool » et « fleuri »), mais aussi à celui de la première moitié des années 1970, le rock progressif et ses « effets » en particulier.
Né quasiment en même temps aux Etats-Unis et en Angleterre, c’est sur le Vieux Continent que le punk va connaître son heure de gloire et faire vaciller les codes jusque-là en place dans l’univers rock. Face à une musique (et des musiciens) qui cherche à toujours repousser ses limites sonores et techniques, les punks proposent une musique très basique, criarde et basée en grande partie sur l’énergie (et le sens de la scène) de ses défenseurs. Les Clash, les Buzzcocks ou encore les Pistols en sont les fers de lance.

Brian Johnson et Angus Young (AC/DC) en novembre 2008.

Brian Johnson et Angus Young (AC/DC) en novembre 2008.

Le rock des années 1980

Le punk anglo-américain fait basculer le rock dans une autre décennie en même temps qu’il l’entraine vers de nouveaux horizons principalement incarnés par le metal et la New Wave.

La New Wave

Sans limiter ses origines à cela, la New Wave est en partie une reaction au punk destroy de la fin des années 1970. Le terme « New Wave » en lui-même a été choisi en référence à la « Nouvelle Vague » des cinéastes français des années 1980.
D’un point de vue musical, la New Wave se distingue des autres sous-familles par l’utilisation assez systématique des synthétiseurs. Les artistes New Wave – The Cure, Joy Division ou encore Indochine en France – imposent également un style vestimentaire : maquillage, mèches longues, cheveux noirs, et choisissent principalement des thèmes « difficiles » : l’adolescence, la solitude, le suicide…

Le metal

En même temps que la New Wave prend son essor, essentiellement en Europe, un autre style de rock s’adjuge les premières places à partir des années 1980 : le metal ou heavy metal. Héritier du hard des années 1970, le metal propose une musique puissante portée par de lourdes guitares et une esthétique particulière : la mort y est un symbole important, comme le feu, la violence ou la folie. Les stars du style sont notamment représentées par le « Big Four of Thrash » composé des groupes Anthrax, Megadeth, Metallica et Slayer.

Le rock indépendant (indie rock)

Si New Wave et metal triomphent également aux Etats-Unis, le pays de l’Oncle Sam s’entiche de groupes issus de ce qu’on va très vite appeler « rock indépendant », ou « indie rock », un courant emmené par quelques figures majeures comme Sonic Youth, les Pixies, R.E.M., Dinosaur JR… qui apportent au style de nouvelles sonorités, de nouveaux looks et un nouveau souffle face à un rock jugé parfois trop stéréotypé, notamment en réaction au metal et son imposant décorum (costumes, accessoires, maquillage…).

Le rock des années 1990

Le rock se renouvelle dans les années 1990 avec l’apparition de deux phénomènes de masse : le grunge (aux Etats-Unis) et la Britpop (en Angleterre).

Le grunge

En français, le terme « grunge » peut se traduire par « moisissures entre les doigts de pieds ». Apparu au milieu des années 1980, essentiellement autour de la ville de Seattle située dans l’Etat de Washington (côte nord-ouest des États-Unis), le grunge, comme musique, est un enfant du punk, du heavy metal, du garage et du noisy. Bref, d’un peu de tout ce que le rock compte de puissant et colérique. Les thèmes favoris des artistes affiliés au mouvement sont tour à tour l’auto-dérision, l’auto-flagellation, l’angoisse de la vie (et de la mort hein !), l’adolescence et ce que la période suppose de frustration, d’hyper-créativité, de camaraderie cruelle, d’amours désenchantés…
Les grands noms du grunge, les groupes ayant connu un énorme succès commercial entre les années 1990 et 1995 sont Pearl Jam, Mudhoney, Soundgarden, Smashing Pumpkins, Hole et bien sûr le Nirvana de Kurt Cobain. Des groupes au succès plus confidentiel sont toutefois considérés comme des icônes du mouvement : The Melvins, TAD, Screaming Trees…

La Britpop

Comme son nom l’indique, la Britpop est un phénomène musical originaire d’Angleterre dont l’émergence date du début des années 1990. Musicalement, il mélange rock anglais des années 60 (Beatles, Stones ou encore Kinks) et sonorités plus tardives (notamment dans l’utilisation de guitares saturées). Sans être un style « révolutionnaire », la Britpop s’impose comme l’un des courants forts du rock des années 90, bien servi par des groupes comme Oasis, Pulp, The Verve ou Blur, évidemment, groupe fondé par Damon Albarn en 1989 à Londres et dont le premier album, « Leisure » (1991) constitue le « manifeste » de la Britpop.

La fusion

La fusion peut être définie comme le mélange de (hard) rock, de rap ou encore de metal. Les pionniers du genre, comme les Red Hot Chili Peppers – en particulier leur album « Mother’s Milk » sorti en 1989 – ou Faith No More (groupe fondé en 1979 à San Francisco), seront suivis de non moins illustres formations telles Rage Against The Machine (premier album éponyme en 1992) ou les Beastie Boys entre 1979 et 2014 (à écouter en priorité : leur premier album sorti en 1986, « Licensed to Ill »).

Nirvana en 1993 : Kurt Cobain, Krist Novoselic et Dave Grohl.

Nirvana en 1993 : Kurt Cobain, Krist Novoselic et Dave Grohl.

Le rock des années 2000

Depuis les années 2000, le rock n’a cessé de renaître et renaître encore. Avec les Strokes, les White Stripes et beaucoup d’autres, le garage connaît un revival, tout comme le punk avec les Libertines…
Le rock depuis les années 2000 continue de se mélanger avec d’autres styles, comme le rap, l’électro, la pop (ce dernier mélange donnant naissance notamment au son « teenage » des Sum 41, Blink 182…)…

The Libertines, avec notamment Carl Barat et Pete Doherty.

The Libertines, avec notamment Carl Barat et Pete Doherty.

Le rock en France

Le rock en France ne s’installe véritablement qu’au cours des années 60. Sauf chez les initiés, le rock aura toujours, au moins jusqu’aux années 80, un temps de retard en France, ce qui n’empêche pas l’apparition d’une scène française assez riche et somme toute assez expérimentale.
Dans les années 80 et 90, certains groupes français (Téléphone, Noir Désir…), notamment New Wave (Indochine), témoignent de la richesse du style dans l’Hexagone. Une figure comme Alain Bashung ouvrira aussi de nombreux horizons (et débouchés commerciaux) à une nouvelle génération composée notamment de Miossec, Louise Attaque, Autour de Lucie. Depuis les années 2000, le rock français a largement suivi les courants dominants de son ainé anglo-saxon sans vraiment travailler sur son éventuelle spécificité. Ce qui ne l’empêche pas d’être de qualité ! En témoignent l’émergence et le succès de groupes comme Luke, Deportivo ou encore les BB Brunes.

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Nicola Sirkis, âme fondatrice du groupe Indochine.

Nicola Sirkis, âme fondatrice du groupe Indochine.

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