Histoire et explication de Sale Pute

 Le titre Sale Pute ne figure pas sur l’album d’Orelsan. La chanson est uniquement diffusée via internet accompagnée d’un clip « fait maison ».

Le rappeur incarne un homme en costume menaçant de violences l’ex-petite amie qui l’a trompé, en lui promettant entre autres qu’il lui « déboiterait la mâchoire » ou la « ferait avorter à l’opinel ». Cette chanson va déclencher une vive polémique en mars 2009. Déclenchée par des blogueuses, la polémique amène Orelsan à répondre via ses conseillers en communication : ceux-ci soulignent qu’Orelsan ne joue pas cette chanson sur scène, « conscient qu’elle puisse heurter ». Le texte exprimerait « une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amené à ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte [ne serait] une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l’acte ». La polémique prend un tour politique, le parti communiste dénonçant la chanson, puis le Parti socialiste dénonçant dans un communiqué « un texte scandaleux aux propos odieux qui incitent directement à la violence » et indiquant « qu’il s’associe à toutes les voix qui demandent la déprogrammation d’Orelsan du Printemps de Bourges ». La secrétaire d’État à la solidarité Valérie Létard prend alors la parole et estime que la chanson Sale pute incite à la violence sexiste et demande aux dirigeants des sites de vidéo en ligne comme Dailymotion de la retirer. « Alors qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ». Valérie Létard a soutenu les associations qui souhaitent porter plainte contre le rappeur[, Valérie Létard soutient également l’initiative d’associations qui souhaitent se constituer partie civile et porter plainte en invoquant l’article 24 de la loi de 1881 sur la presse, prévoyant que toute incrimination de provocation à commettre un crime (viol ou meurtre) ou une atteinte à l’intégrité de la personne ou une agression sexuelle est puni de 5 ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. Orelsan s’étonne du buzz alors que cette chanson existe depuis deux ans. Il explique : « Dans cette chanson j’essaie de montrer comment une pulsion peut transformer quelqu’un en monstre. J’ai tourné un clip où je porte un costume cravate et bois de l’alcool, pour montrer qu’il s’agit d’une fiction. En aucun cas, je ne fais l’apologie de la violence conjugale. L’attitude de ce personnage me dégoûte, mais j’ai l’impression de représenter artistiquement la haine comme a pu le faire un film comme Orange mécanique ». Le festival du Printemps de Bourges maintient le rappeur dans sa programmation du 25 avril 2009 : « Aussi scandaleux que soit le texte de cette chanson, nous avons engagé ce jeune artiste pour une prestation artistique qui, comme son album, n’inclut pas cette chanson. Pour cette raison, nous ne déprogrammerons pas Orelsan car nous assumons nos choix artistiques. Cet album de hip hop, interprété en français, nous a paru excellent, composé de bons textes qui nous semblaient le parfait reflet d’une génération (celle des 20 ans) un peu perdue et désabusée. » François Bonneau (président PS du conseil régional du Centre) menace alors le festival de représailles financières s’il ne revient pas sur sa décision. Finalement, il retire le montant du cachet du chanteur (soit 1 500€) de la subvention totale de 360 000€. Deux organisateurs de concerts déprogramment cependant Orelsan, le 2 avril au Confort moderne de Poitiers et le 29 avril à Cluses, la mort dans l’âme. Mais la chanteuse Anaïs Croze, qui a écrit une chanson sur un thème proche, prend sa défense. « Personne ne m’a jamais reproché tout ce que l’on reproche à Orelsan lorsque j’ai fait ma chanson Christina » dit-elle. La polémique rebondit lors des Francofolies de La Rochelle où Orelsan est déprogrammé. Le chanteur Cali s’en prend violemment aux organisateurs du festival, dont Jean-Louis Foulquier, qui accuse Ségolène Royal d’avoir à son tour fait du chantage aux subventions. Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP, s’empare de l’affaire et déclare dans un communiqué soutenir le jeune homme, en dénonçant la censure qu’aurait exercée contre lui Ségolène Royal. La majorité n’est cependant pas soudée sur cette affaire. Ségolène Royal dément vivement tout chantage et indique n’avoir que demandé des informations aux organisateurs ; elle se déclare cependant satisfaite de la déprogrammation de l’artiste. Le 14 juillet, Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, affiche son soutien au rappeur au nom de la liberté d’expression – et évoque des précédents comme Rimbaud – et juge la polémique « ridicule ».

Biographie Orelsan

Orelsan est un rappeur français, né à Alençon dans l’Orne le 1er août 1982. Il se fait connaître sur Internet grâce à sa chanson Saint-Valentin, puis perce en 2008 avec la chanson Changement. Son premier album Perdu d’avance est sorti le 16 février 2009. Le nom Orelsan fait référence à son prénom Aurélien et au « san » japonais, équivalent de « monsieur » dans les mangas dont il est fan.