Actuellement hospitalisé pour une infection pulmonaire (le gars n’a pas 35 ans, ça promet…), Phil Patrick nous a tout de même fait l’honneur de nous envoyer quelques poésies de son cru (cette formule n’est pas belle et on va se faire taper dessus). Phil Patrick, nous te souhaitons un bon rétablissement !






Réveille-moi

Quand je ne suis qu’un branleur
De jour en jour
Quand je plane à des heures
Aux alentours
Quand tu dis que tu m’aimes
Quand tu pleures
Quand je m’endors quand même
Quand tu as peur
Quand il n’y a plus que nous
Mon amour tes lèvres
Quand tu jouis à me rendre fou
De nos nuits de fièvre
Quand tu veux que je me glisse
Mon amour je t’aime
Quand tu veux que je me finisse
Et me  retiens quand même
Quand j’ai plus d’autre choix
Que de m’étendre
Quand du feu de nos ébats
Tu as fait des cendres
Quand l’incendie s’est éteint
Que le déluge est là
Quand tu n’as plus que tes mains
Pour pleurer tout bas
Quand la vie je n’ai plus la force
Au moindre virage
Quand le venin explose l’écorce
Et me soulage
Quand je ne veux plus parler
Que de mes rêves
Quand je ne veux pas rentrer
Et que je crève
Quand je ne pense qu’à ces danses
De leurs culs si bons
Quand je ne suis plus qu’absence
Débâcle à l’horizon
Quand je m’écroule sur la paillasse
Comme une merde
Quand tes yeux enlèvent ma crasse
Comme une mère
Quand je ne suis plus bon à rien
Que Dieu m’écorche
Quand tu tires dans le cœur en plein
Que tu m’écorches

Réveille-moi
Réveille-moi
Réveille-moi
Réveille-moi






Pas de rêve
Un jour ils te le jurent ça ira mieux
Allez, pas de rêve
Un jour t’auras la thune mon vieux
Allez, pas de rêve
Ne te retourne pas ça va faire mal
Allez, pas de rêve
Les peuples levés les yeux aux larmes
Allez, pas de rêve
Finis toi entre leurs lèvres et jouis des braises
Allez, pas de rêve

Dans les cabinets, ils te sucent et te baisent
Avant on crevait pour des idées fausses
Aujourd’hui on dit vrai
Dans le mensonge glissé sous la sauce
Encore toujours et à jamais
Avant on pouvait encore espérer et sortir
Les pierres et le sang
Aujourd’hui je me vautre dans mon plaisir
Et me laisse péter les dents
A la lumière de nos désirs de nos amours
C’est la mort chaque jour

T’es ma dernière cure
T’es mon oxygène
T’es ma première piqûre
T’es mon ADN

Et moi je ne pisse pas
Je chie sur les femmes infidèles
J’en peux plus de tout ça
De ces crevards de leurs dentelles
Je m’en branle de ton smic
Des banquiers des juges et des flics
Tu veux que je m’améliore
Mais je m’en carre connard de ton or
Tu veux que je me pousse
Mais plus je respire et plus tu tousses

T’es ma dernière cure
T’es mon oxygène
T’es ma première piqûre
T’es mon ADN

Et quand je creuse ma tombe
Mon amour que faut-il faire
Perdu d’amour c’est l’hécatombe
Entre les chiens des ministères
Car tu m’inspires c’est insolence
D’une flamme à la souffrance
Allez pas de rêve
Allez pas de rêve






J’hallucine (j’y crois pas)
Enchainé à ta chatte
Comme un tox’
A sa s’ringue
Comme un skin
A sa batte
Comme un flingue
A sa balle
J’hallucine
J’y crois pas
Toi tu vas
Et tu viens
Tu bouges pas
Tu dis rien
Y a plus le feu
Y a plus la flamme
J’hallucine
J’y crois pas
Puisqu’ici ne dure
Que la solitude
Mon amour
J’ai bien aimé
Nos certitudes
Nos baisers
Des études
J’hallucine
J’y crois pas
Si tu connais
La musique
Rester seul
Dévasté
Quand eux ne veulent
Que du fric
J’hallucine
J’y crois pas
Demander pardon
Pour les corrompus
Quand on tremble
Sauver son cul
Et pour les écorchés
Se baisser
J’hallucine
J’y crois pas
Quand toi
Tu pleures
L’effroi
Quand je pars
Les dégâts
Quand il est trop tard
Quand on se noie
J’hallucine
J’y crois pas
Quand je te drague
Et tu dis que je mens
C’est la vague
Que tu entends
Mon amour
Qui sont ces gens
Qui chaque jour
Sourient en marchant
J’hallucine
J’y crois pas






Tu penses quoi toi ?
Tu penses quoi toi
De tout ce merdier
Des fils de pute des rois
Pour qui on doit voter
Et qui sont là
Pour te saigner
Argent sale con
Marionnettes éventrées
Les rêves en blond
Lolita crucifiée
Liberté liberté chérie
Défend ses défonceurs
Gloire aux pourris
Gloire aux imposteurs
Suis-je fou si je rêve
De meurtre de feu
Pour qu’ils crèvent
Et que j’en sois heureux
Des hommes, des hommes
À la lumière de nos amours
Des connes déconnent
Il faudra bien payer un jour
Ce sera eux ou moi
J’irai plus loin
Je ne serai plus là
Soir et matin
Ils entendront ton nom
Les cotes qui craquent
Le cri de la guérison
Au son des matraques
Tu penses quoi toi
Des vérités qui n’en sont pas
Des filles des putes
Des mères qu’on culbute
Putain c’est le chaos
C’est la merde le KO
Plongés dans le gouffre
Ferme ta gueule et souffre
La vie la baise tout passe
Les filles les guerres tout lasse
C’est la haine je jure
Qui cimente les murs
Et l’on n’y peut rien
Et l’on nie pour rien
C’est la flippe autour
T’y crois toujours
Laisse s’échapper les cœurs
C’est la baston c’est l’horreur
Tu penses quoi toi
Tu y crois toi
Mon amour mon seul thème
Est-ce que tu m’aimes
Est-ce que tu veux toujours
Passer avec moi les jours
Est-ce qu’on s’oublie pour de bon
Est-ce que l’amour rend con
Dis est-ce que tu m’aimes
Est-ce que l’on récolte ce que l’on sème
Les arides les déserts
Pour les chiens les vipères
Pour les bleus pour les noirs
Pour tes yeux pour ce soir
Dans les hauts dans les bas
Dis tu penses quoi toi






Ma jolie petite juive
Ma jolie petite juive
Elle aime bien l’aventure
Ne jamais rejoindre les rives
Elle aime aussi la lecture
Des romans d’autrefois
Et des histoires qui durent
Ma jolie petite juive
Elle a pas les bonnes manières
Elle connaît les missives
Qui brisent les cœurs les prières
Elle ment ne se cache pas
Car du jour elle a l’éclat
Ma jolie petite juive
Elle est belle comme l’eau
Elle est comme l’eau vive
Elle est le temps les mots
Car sur le cœur la loi
Sa main en a posé le sceau
Ma jolie petite juive
Elle est pas franch’ment pure
Elle en a partagé des salives
Avec des fous avec des durs
Quand elle ment ma jolie
Ça sonne vrai et gentil
Ma jolie petite juive
Elle connaît les erreurs
Elle connaît tous les livres
Où l’on erre des heures
Où l’on passé des mois
À combattre les peurs
Ma jolie petite juive
Elle est pas dans la fringue
Elle s’en bat les gencives
Son cul vaut mieux qu’un flingue
Son cul qui fait lever la morte
Et ouvre du paradis les portes
Ma jolie petite juive
Elle est la mèche qui allume
Si elle veut que je la suive
Je partirais comme une plume
Dans le vent le froid
Je déposerais la plume