Attention, cette playlist n’est pas une compilation de chansons sur New York, c’est une promenade dans la Big Apple au gré des chansons d’artistes new-yorkais de naissance. Évidemment, en 1 heure, on n’a pas pu tout mettre. N’hésitez pas à nous dire les artistes que nous aurions dû ab-so-lu-ment inclure selon vous (en commentaire). Are you ready for a litlle walk ?


1. Beastie Boys, No Sleep till Brooklyn : extrait du premier album du groupe, Licensed to III (1986) et l’un des morceaux les plus emblématiques du trio punk-rap-hardcore originaire de Brooklyn. Les trois membres – Michael « Mike D » Diamond, Adam « MCA » Yauch (1964-2012) et Adam « Ad-Rock » Horovitz – ont à peine 20 piges quand sort l’album qui va mettre le feu à New York et bien plus encore. L’histoire raconte que les trois membres du groupe se croisèrent un temps, enfants (et même encore dans leurs berceaux !), dans la même synagogue de Crown Heights (Brooklyn) avant de « se retrouver » à l’adolescence.
2. Matisyahu, Youth : on parlait justement de Crown Heights à Brooklyn où Matisyahu a en partie grandi (il a aussi habité quelque temps à White Plains, une ville au nord de New York, où il a croisé dans les couloirs du collège un certain Mark Zuckerberg). Juif hassidique (le « quartier général » des Loubavitch se trouve au 770 Eastern Parkway Crown Heights) et chanteur de reggae-dub, Matisyahu écrit et enregistre Youth en 2006 dans ce même quartier de Crown Heights. Si Matisyahu fut précédé par d’autres célèbres chanteurs hassidiques, il fut le premier de la communauté à chanter du reggae. Des influences qui s’expliquent en grande partie par le fait que Crown Heights est aussi le quartier de la communauté jamaïcaine (et caribéenne de manière générale). Vous avez dit melting pot ?
3. Alicia Keys, Empire State of mind : un morceau à la gloire de New York, sorti en 2009 (« New York, concrete jungle where dreams are made of, there’s nothning you cant do »). Alicia Keys a grandi dans le célèbre bloc d’Hell’s Kitchen (« La Cuisine du Diable ») surnommée ainsi dans les années 1880 (oui, 1880) parce qu’il n’y faisait jamais bon d’y trainer, même en plein jour. Situé à Manhattan, Hell’s Kitchen est un quartier tout à fait paisible (et depuis longtemps) quand Alicia Keys y naît, en 1981. C’est aussi à New York que la jeune femme a fait ses premières armes puis enregistré ses premiers albums. New York, une veille dont Alicia a les clés (ça va…).
4. Tupac Shakur, All eyez on me : on reste à Manhattan, mais on change de bloc pour atterrir dans l’East Harlem, autrement appelé Spanish Harlem ou encore El Barrio. On connaît tous (on l’a tous entendu en tout cas) le standard Spanish Harlem interprété par Ben E King (un morceau coécrit en 1960 par Jerry Leiber et un certain Phil Spector, le gamin du Bronx qui n’avait pas encore créé son Mur du Son). C’est donc ici, dans ce quartier où fut inventée la salsa (c’est quand même pas rien) que Tupac grandira, chez ses parents quand ces derniers ne sont pas en cavale ou en prison (tous les deux étaient Black Panthers), chez des oncles, tantes, cousins, amis… le reste du temps. C’est cependant quelques rues plus au nord de Manhattan (à Harlem, précisément) que Tupac fera ses premiers pas comme rappeur, vendant ses premiers enregistrements à la volée, dans la rue (ce qui se pratique toujours à New York). Le rappeur new-yorkais fut assassiné en 1996 à Las Vegas. Parmi les personnes accusées d’avoir commandité l’assassinat, on retrouve de grands noms du rap américain natifs de New York et y ayant grandi : Puff Daddy (Harlem) et The Notorious Big (Brooklyn, assassiné 15 jours après Tupac).
5. The Strokes, New York City Cops : grands artisans du revival rock des années 2000 (New York City Cops figure sur leur premier album Is this it ? sorti en 2001), The Strokes sont des « purs » produits de Manhattan. Les deux fondateurs du groupe, Julian Casablancas et Nikolai Fraiture, se sont rencontrés sur les bancs de l’école (ils avaient 6 ans), les autres membres les ayant rejoints au fur et à mesure des rencontres dans les bars et autres salles obscures de Manhattan. Pour la petite histoire, Julian Casablancas est le fils du fondateur de l’agence de mannequins Elite (John Casablancas, de nationalité espagnole) et d’un top-model danois. Nikolai Fraiture, quant à lui, est d’ascendance française par sa mère et russe par son père. L’un des autres membres des Strokes, le guitariste Nick Valensi, est lui de père tunisien et de mère française (ses grands-parents maternels habitent Bordeaux). Et ainsi de suite pour les deux derniers membres des Strokes… Vous avez redit melting-pot ?
6. Sammy Davis Jr, I got a woman : Sammy Davis Jr naît à Harlem en 1925. Le quartier est alors un ghetto où les dealers se comptent en aussi grand nombre que les homicides et autres réjouissances : violences conjugales, ségrégation raciale (oui, même à New York !)… Le père de Sammy, artiste itinérant, emmène souvent son fils en tournée à travers l’État de New York. C’est de là que viendra son goût pour la scène et c’est à Broadway, comme comédien-chanteur, que Sammy Davis Jr. se fera connaître à partir de 1956. Le chanteur sera l’une des figures majeures de la scène musicale new-yorkaise des années 60, mêlant drogue, sexe, mafia et problèmes financiers… comme, dans une autre mesure, le grand copain de Sammy Davis Jr., Frank Sinatra.
7. Dave Van Ronk, Oh what a beautiful city : devinez de quelle ville parle Dave Van Ronk ? Exact : New York City, dont Dave Van Ronk (1936 – 2002) est l’un des enfants chéris ! Chanteur de jazz, de folk ou de blues en fonction des époques, Dave Von Ronk est né à Brooklyn, mais c’est dans le Queens qu’il passe son enfance avant d’écumer les bars de Manhattan pour s’y produire. Il s’installe sur l’île, dans le Village (ou Greenwich Village) et en devient l’une des figures culturelles incontournables dans les années 60 – il accueille chez lui, pour quelques heures ou quelques nuits, ses amis Bob Dylan, John Lennon, Johnny Cash… On y lit des poèmes, on y chante des airs traditionnels américains ou britanniques, on y fume, on y baise… The Village, the place to be du New York beatnik puis hippie.
8. Pat Benatar, Heartbreaker : née à Long Island en 1953 (à l’époque, la partie populaire « blanche » de New York), Pat Benatar est l’icône absolue du rock américain des années 80, un rock dit parfois « glamour » né à NYC et dont l’autre grande figure est le groupe Kiss (originaire du Queens).
9. Nas, The Message : retour à Brooklyn, dans le bloc de Crown Heights où Nas nait en 1973. Fils de jazzman, Nas grandi dans le Queens, précisément dans le bloc du Queensbridge, un quartier très pauvre. Avec un père absent et une mère volage (dit-on…), Nas se débrouille seul dès l’enfance, quitte l’école très jeune, apprend la musique en autodidacte et se fait rapidement connaître dans la sphère hip-hop naissante de New York. Nas est alors comparé à l’une des plus grandes légendes du hip-hop, le rappeur Rakim, originaire de Long Island. 20 ans plus tard, Nas est lui-même devenu une légende du hip-hop new-yorkais, au même titre que Tupac (Spanish Harlem), Jay-Z (Brooklyn), The Notorious Big (Brooklyn également)…
10. Jay-Z, Feelin’ it : figure incontournable de la scène musicale new-yorkaise depuis les années 1990 (et bien au-delà du hip-hop), Jay-Z (de son vrai nom Shawn Carter) est né et a grandi à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant. Le rappeur ne rate jamais une occasion de mettre en valeur sa ville (et Brooklyn en particulier) et d’y faire référence dans à peu près tout ce qu’il fait, comme en témoigne le nom de son label fondé en 1996, Roc-A-Fella Records. Feelin’ it figure sur son premier album, Reasonable Doubt (1996) sur lequel on retrouve en featuring d’autres grands noms du hip-hop new-yorkais (Memphis Bleek, originaire du même quartier que Jay-Z, May J. Blidge, du Bronx, Foxy Brown de Brooklyn ou encore The Notorious Big, également originaire de Brooklyn).
11. Lana Del Rey, Ride : née à New York en 1986, Lana Del Rey (de son vrai nom Elizabeth Woolridge Grant) passe la plus grande partie de son enfance à Placid Lake, une toute petite ville située à une soixantaine de kilomètres de Manhattan. Lana Del Rey « revient » au coeur de New York à l’adolescence puis étudie la philosophie à l’Université Fordham située dans le Bronx. C’est à New York qu’elle commence à se produire au milieu des années 2000. Son style musical « vintage » sera d’ailleurs considéré comme le digne héritier du son new-yorkais des années 60.
12. Lady Gaga, Eh, Eh (Nothing else I can say) : aujourd’hui star planétaire, Lady Gaga (de son vrai nom Stefani Germanotta) n’en reste pas moins une enfant 100 % new-yorkaise, et même un « pur produit » de Manhattan : école dans le Greenwich Village, appartement familial à TriBeCa, restaurant du tonton dans Little Italy… Lady Gaga se forme à la scène et affine son univers esthétique au gré de ses performances dans les bars à strip-tease de Manhattan. En 2008, elle sort son premier album – The Fame – enregistré à… Los Angeles.
13. Lou Reed, Walk on the wild side : né en 1942 à Brooklyn, Lou Reed grandit à Long Island. Tout chez lui rappelle New York, de Manhattan à Brooklyn en passant par le Bronx ou Harlem où il aimait trainer sa dégaine d’adolescent névrosé et observer les prostituées tapinant le soir venu comme le rappelle Walk on th wild side. Avec les autres membres des Velvet Underground, Lou Reed est aussi un habitué de la Factory d’Andy Warhol située à partir de 1968 dans le quartier d’Union Square de Manhattan. Amoureux fou de New York, et toujours quelque peu « névrosé », la légende raconte que Lou Reed serait resté, dans les années 1970, plus de cinq ans sans franchir les frontières de la Grosse Pomme. Dans les textes de ses chansons, New York est omniprésente, comme dans son énorme tube Perfect Day où Central Park tient une place centrale (ah, ah) : « just a perfect day, drink sangria in The Park » (The Park, petit nom donné par les new-yorkais à Central Park).
14. The Ronettes, Be My Baby : formé autour de Ronnie Bennett, The Ronettes est LE trio vocal féminin du New-York des années 1960. Originaires de Harlem, les deux soeurs Bennett et leur cousine Nedra Talley seront produites par le génial Phil Spector dès le début des années 1960. C’est en travaillant avec les Ronettes que Phil Spector (originaire du Bronx) élaborera peu à peu son fameux Mur du Son. Ronnie Bennett sera mariée jusqu’en 1973 à Spector. Leur divorce signera aussi la fin des Ronettes… Pour la « petite » histoire, Phil Spector purge actuellement (depuis 2009) une peine de 19 ans pour le meurtre de l’actrice Lana Clarkson.