Par Phil Patrick

Je suis un vieux con. Peut-être, mais bordel j’ai eu un choc, à m’en pisser dessus. Ouais, comme un vieux. Un vieux copain crooner – ouais, ça existe les crooners en France, et celui-là, dont je parlerai peut-être un jour, quand ce con aura décidé d’enregistrer au moins un putain de morceau, est vraiment un bon – m’a refilé un bout de papier qu’il avait – le matin même – découpé dans un canard gratuit chopé dans le métro (des vieux cons que sommes je vous dis). Il a souri et me l’a tendu en disant : « j’ai envie de te pourrir ta journée ». Merde, il a réussi.

Ce papier, c’était les classements des ventes de disques et de téléchargements en France. J’ai dégueulé mon café-clope – ainsi cela s’est passé, ainsi je raconte. Merde et remerde (je pense encore à vous). Il est où le délire ? Je suis pas sociologue ou psychiatre, mais faudrait avoir les lorgnes bouchées pour pas s’apercevoir qu’il y a un sacré putain de bordel en ce moment en France ! J’ai souvent tendance à ne m’intéresser qu’aux choses que j’aime (si, si), pas comme ces deux cloches d’Eric Ze More et Eric Nullo (enfin, c’est aussi leur taf). Alors ça fait un petit moment que je n’avais pas fait gaffe à ces putains de classements. C’est dégueulasse : des artistes et des musiques d’une bêtise redoutable. David Guetta invité au 20Heures de Pujadas : c’est que moi ou il y a un putain de problème ? Oui, oui, oui, il existe aussi une contre-culture en France, et c’est tant mieux si elle ne rentre pas comme une furie dans le mainstream. Mais bordel, c’est trop. C’est trop. Et l’herbe, que je fume en ce moment même, et que je vais fumer toute la nuit, n’y fera rien.

Je dis que les jeunes Français sont des dégénérés, des attardés mentaux, des paumés de la surconsommation de médocs et de merde sous forme auditive. Putain ! Regardez les 10 premiers de chaque classement : c’est la France de Jean-Luc Reichmann (un mec qui semble plutôt sympathique au demeurant), pas celle du rock’n’roll, c’est le moins que l’on puisse dire – et je le dis. Je dis que les branleurs des banlieues feraient mieux de se remettre à la rime et au beat plutôt que de rêver à être ce genre de créatures chiasseuses que sont Booba (mon petit ourson) ou l’autre branleuse de La Fouine ! Aujourd’hui, même les gays (qui ont « fourni » à la musique – et au rock en particulier – parmi ses plus grandes figures créatrices) écoutent de la merde – et semblent aimer ça. Écouter Zaz ? Je préfère encore m’émasculer sur le champ (je n’écoute pas Zaz). Je dis que les petits cons de la classe moyenne devraient se bouger le fion plutôt que de rêver sucer la bite de Philippe Manœuvre ou remplir des playlists ringardes pour qu’elles passent sur Ouï FM. Ils sont où les rockers ? L’alternative ? Il y a bien des mecs comme Corte Real, Arch Woodmann ou Chateau Brutal. Mais les radios, ces putes, ne les passent pas.

Les radios rock FM nationales sont dirigées par des femelles quarantenaires plus préoccupées de savoir si leurs lèvres (d’en haut comme d’en bas) tiendront jusqu’à la prochaine injection de Botox que par le rock, c’est évident. Et ces gros cons de soixantenaires aux hémorroïdes plaquées sur le visage, qui financent les premières en pensant encore qu’ils participent au féminisme de leur jeunesse (veulent se rattraper pour tirer un coup ces enculés !) : ce sont eux les ennemis. Je dis que le Mouv’ et ses salopes de confrères devraient se faire bouffer le cul jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Et qu’ils se le bouffent entre eux/elles. Ça serait le panard. Moi je dis qu’ils l’ont vendu il y a bien longtemps maintenant. J’aurais quinze piges, ce n’est pas la bagnole de mon voisin que j’irais brûler (quoique), ce sont les radios qu’on nous impose (et qu’on demande à tes parents de financer concernant Le Mouv’  – là je suis vraiment un vieux con), les magazines de merde comme Rock&Folk ou Les Inrockuptibles (la blague !) qu’on nous propose d’acheter (la blague ! bis), les animateurs qui se prétendent animateurs rock (enfin, je les brûlerais pas, je me contenterais de les bastonner).

Putain ! Moi je suis vivant, ou en train de mourir, comme on veut. Mais j’attends pas. Je suis libre et même si j’ai pas un rond et que j’achèterai jamais un grand écran (de toute façon, ça me fait mal aux yeux les grands écrans) ou un break pour transporter mes gosses (je préférerais à la limite qu’ils se fassent tatouer une étoile sur la cheville, c’est dire…), c’est plutôt cool d’être libre. Qu’ils crèvent tous, bien avant nous !