Par Audrey Plumard


Fallait bien que ça arrive. Jacques Audiard vient de réaliser son premier navet, sa première crotte cinématographique. Attention, ce Live de Raphael (on va y arriver) n’est pas vraiment un film. Mais, dans 15 ou 20 ans, il sera difficile à Jacques Audiard de nier cette tâche sur sa filmographie, filmographie ô combien merveilleuse jusqu’ici : Un héros très discret, Un prophète, Sur mes lèvres, De battre mon cœur s’est arrêté… À la décharge de Jacques Audiard, il était presque écrit que maintenir un tel niveau était impossible. Bon, Jacques a quand même le mérite d’avoir attaqué l’Everest par la face nord : comment réussir quelque chose de bien quand on envisage de filmer Raphael en live ? Ça me paraît tellement évident à moi. Autant demander à un cancéreux de passer la barre des 10 secondes sur 100 mètres. Autant demander à des hommes politiques d’avoir des idées. Autant attendre de Charlie Hebdo qu’ils ne la jouent pas facile avec des couvertures représentant le Prophète (Jacques Audiard -> Un Prophète -> Charlie Hebdo = on y est !). Ce live pourra toutefois être considéré comme un attendrissant film de famille, ou comment garder quelques souvenirs visuels de papi (Raphael), un témoignage des efforts de ce dernier pour se trainer une dernière fois (on espère) jusqu’au-devant de la scène. Un film sur la mort finalement, pardon, sur la fin de la vie. Ou alors un film sur le handicap. En fait, ce live de Raphael vu par Jacques Audiard, c’est un peu Intouchables : chiant, hyper convenu et niais.