Par Laurent Routier


Roberto Alagna. Déjà, je dis bravo, voilà un mec spécial. Si, si. Quand t’es né à Clichy-sous-Bois en 1963 et que tu deviens l’un des plus grands ténors au monde (en Chine, Alagna signifie maintenant Alain-Delon), t’es un mec spécial. Et puis y a un truc de particulier chez Alagna, et même plusieurs. Le fait par exemple qu’il soit petit, mais ait une grosse voix. À lui seul, donc, Roberto Alagna est une équation mathématique hyper complexe. Ça a de la gueule. Mais y a pas que ça, autre exemple : lagna signifie « jérémiade », « plaie » en italien. Et lagna, c’est quand même pas loin d’alagna. Enfin, un truc de fou : Roberto Alagna ne vient presque jamais sur les plateaux télé, on peut pas dire qu’il fasse la couverture des Inrocks ou de Fan2 tous les quatre matins, son œuvre (ou plutôt du fruit de son travail) est hyper chiante (si, si, c’est chiant), on comprend rien quand il chante, mais tous les mecs du monde qui vont le voir en concert sortent les yeux rouges (même en Iran), un peu gênés. Alagna sourit toujours. Et il vend des millions de disques. C’est pour ça que je déclare que Roberto Alagna est un enfoiré, un mec stupide et qu’il squatte les médias (presque autant que mon cousin Laurent Ruquier).