Par Phil Patrick

 

Ce qui me plaît d’abord chez Saez, c’est la brillante progression que l’on note entre chacun de ses albums. De Jours Etranges à J’accuse, Saez est toujours plus juste dans ses mots et plus structuré dans ses idées. Plus efficace, donc. À titre de comparaison, Placebo ou Indochine se sont arrêtés de progresser à la sortie de leurs troisièmes albums.
Saez comprend. Quand Christophe Maé aborde encore le thème du divorce des parents (pauvre bonhomme, il est bête, mais pas si mauvais que ça), Saez capte ce qui l’entoure, saisit le monde et le transpose en poésie et en musique, comme un philosophe du 19e siècle, mais avec la force et la puissance des mots d’aujourd’hui – ou des mots d’hier auxquels il redonne superbement une valeur actuelle.

 

 

 

Saez est un poète, au sens le plus noble du terme. Les crétins et les ignorants diront qu’il copie Lautréamont, Rimbaud ou encore Morrison, ou que ses textes ne sont que des ersatz de l’œuvre – ô combien magnifique – de Bertrand Cantat. C’est faux. Saez est inspiré. Évidemment. On remarquera qu’il ne l’est pas par n’importe qui. On saisit également chez Saez une profonde influence de la culture littéraire russe. On trouve dans ses vers de merveilleux embruns des œuvres de Tolstoï ou Gogol. Saez est l’âme slave du rock français.
Le remarquable chez Saez, c’est son refus de faire la pute médiatique. Il réserve ses tourments à ses textes et c’est aussi bien. On pourra toujours lui reprocher son arrogance épidermique, mais lui, il ne va pas éjaculer tous les soirs sur les plateaux télés après s’être fait sucer la queue par Tania Bruna-Rosso ou Emma de Caunes (les deux catastrophes du PAF musical).
Il faut découvrir, lire et écouter Saez. Dans 30 ans, c’est ce que l’on fera toujours. Avec émerveillement.

 

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