Par Phil Patrick


J’aime les Zebda. Leur musique, c’est pas franchement ma came, parce que c’est un brin trop guinguette pour moi. Mais je reconnais avec plaisir que les mecs, ils le font bien. Très bien même. Je les ai toujours aimés, surtout du temps où, dans les années 1990, ça craignait pour eux et qu’ils remplissaient à peine des salles de dix personnes. Et bien je peux témoigner ici que même devant dix personnes, les mecs ils jouaient comme si y en avait 10.000. À croire qu’ils étaient un peu fous, ou un peu cons. Mais c’était un putain de plaisir d’aller les voir et je dois dire que le succès qu’ils ont rencontré après tant d’années à se crever la rate sur scène était un succès bien mérité.


Zebda, ce n’est pas péchu. C’est punchy. « Péchu », c’est pour Gérard Lenorman et se Ballade des gens heureux (ce qui n’est pas une critique, cette chanson étant assez remarquable). Zebda, ce n’est pas politique, c’est « civique ». Et moi j’aime bien. Enfin des mecs de la chanson qui ne sont pas partout récupérés par les politicards malsains. Zebda trace seul sa route, enfin, sans les « élus ». Mais putain, c’est ça la chanson engagée. C’est festif et brutal à la fois. Et c’est joli. Zeba est joli. Quand t’arrives à faire danser tout le monde sur « Tomber la chemise » tout en peignant la vraie France d’aujourd’hui, c’est cool. Si tu as moins de 50 piges, tu comprends ce que je veux dire. Christophe Maé, Christophe Willem, Renan Luce, ils sont sympas, mais ils se branlent la nouille et semblent absolument ne rien voir de ce qui les entoure. Zebda t’offre une vision à 360°. Et moi j’aime bien qu’on ne mette traite pas de facho parce que je suis blanc. Et j’aime bien quand des mecs savent dire avec poésie que c’est l’amour, finalement, qui nous permettra de mieux vivre ensemble. Sans oublier qu’il y a un combat à mener. Notre révolution vers une société du « vivre ensemble » se fera en profondeur, et les vieux ringards de la politique n’y pourront rien. Même au Second Tour.